« Bienvenue à Meaux, Madame Amara. » Des habitants de cette ville de Seine-et-Marne accueillent la ministre Christine Boutin et sa secrétaire d’Etat, Fadela Amara. Elles sont suivies de près par le maire (UMP) de la ville, Jean-François Copé et par le premier ministre François Fillon. Présents, également, les ministres de l’éducation nationale et de la culture, Xavier Darcos et Christine Albanel. Tous sont venus ce vendredi pour assister au Comité interministériel des villes (CIV), seconde étape du plan Espoirs banlieues élaboré par Fadela Amara et dévoilé le 8 février dernier à l’Elysée par le président de la République. Après trois reports, pour cause « d’agendas chargés », le CIV est enfin réuni. Le premier conseil interministériel « depuis 1986 », précise Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille.

A Meaux, « où la délinquance et le taux de chômage ont baissés », dixit Jean-François Copé, où les bâtiments sont beaux et neufs « grâce à Jean-Louis Borloo », les Meldois sont « fiers » d’être les hôtes de cette réunion exceptionnelle. La matinée, consacrée à la politique de la ville, commence par la pose d’une première brique, symbolisant le lancement de la construction d’un nouveau quartier, comprenant « 40% de logements sociaux ». Copé n’oublie pas de s’auto-féliciter des progrès réalisés, lâchant au passage : « Meaux, la plus belle ville du monde. »

La visite se poursuit. Le cortège fait halte dans un nouveau bâtiment où une petite délégation de jeunes patiente. Venus pour « témoigner », ces jeunes plein d’ambition présentent un projet consistant à « monter une mini-structure ». Certains se lancent dans le textile, d’autres dans les transports. Mais des problèmes subsistent. Une jeune fille qui souhaite créer « une entreprise de déménagement avec son mari », évoque « le coût de l’essence, indispensable pour les camions ». Le premier ministre ne réagit pas, ni quiconque autour de lui. Autre problème : des personnes qui ont retrouvé un travail se plaignent de gagner moins désormais, qu’auparavant avec les seules aides sociales. Un « gros problème », d’après le premier ministre, qui sort de son silence. Said Rezeg, le président de l’association Esprit sportif, attendait, lui, « plus d’échanges » avec François Fillon et Fadela Amara.

A 10 heures, le CIV démarre vraiment. La presse n’y est pas conviée. Le temps de faire un tour au marché, d’admirer les tireurs d’élites sur les toits alentours et de bavarder avec les passants. Des passants parfois « surpris » d’une telle démonstration de force ou parfois « heureux de voir le maire faire tant de choses ». C’est le cas du groupe conduit par Annick, retraitée, et fan inconditionnelle de Jean-François Copé, « un homme qui devrait devenir président en 2017 ». C’est leur souhait !

A la sortie du CIV, Fadela Amara se dit « satisfaite ». Nadine Morano en tire « un bilan très positif ». Mais où étaient aujourd’hui la ministre de la justice Rachida Dati et celle de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie ? Leurs ministères sont pourtant au cœur des problématiques des quartiers. C’est l’heure du départ, Nadine Morano, très bavarde et surprenante « avocate » de Fadela Amara, nous dit que « certes, il y avait des absents, mais leurs directeurs de cabinet étaient là ». Nous voilà rassurés !

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

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