En 2013, l’ex-ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, annonçait réfléchir à un statut de « pré-majorité » électorale pour les 16-17 ans, leur permettant de voter aux élections locales. Cela risquerait d’amorcer un grand chantier, sur le fond et la forme.

Des paroles et des paroles. De nos jours, la politique est devenue un sport de riche. Ou plutôt un jeu de mot. Un jeu dans lequel, les acteurs usent et abusent de belles formules pour séduire l’électorat. Et il n’est pas rare de voir ces derniers jouer les Obi-Wan bienveillants en maniant avec merveille la langue de bois. Une arme aussi redoutable qu’un sabre laser en somme, puisqu’elle permet de dissimuler une incompétence ou une réticence à aborder un sujet.

Dire les choses sans les dire. Ou encore parler pour parler, sans rien dire bien évidemment. Tel est le leitmotiv de ces sportifs en costard cravate. Et cela n’échappe point à personne. Encore moins à la jeunesse. « Ils disent trop de blabla et parlent souvent de choses pas intéressantes. Par exemple, ils vont parler du voile et pas de choses importantes comme le chômage. Ça m’intéresse le chômage moi car plus tard je veux trouver un travail », affirme Sid-Ali, 14 ans.

Il est de notoriété publique que le goût des adolescents pour la politique n’est guère prononcé. « On n’aime pas la politique car les politiciens sont des menteurs » disent Emanuel et Mamadou, tous deux âgés de 14 ans. En réalité la politique ennuie la jeunesse. Et ils n’hésitent pas à le faire savoir avec ostentation. « Mais moi je m’en fous de la politique ». C’est ce que la plupart d’entre eux répondent quand on ose aborder le sujet avec eux. Néanmoins, ce désintérêt n’est il pas le résultat d’un discours inadapté ?

Halima a 15 ans et elle dit suivre « de temps en temps » la politique « quand ça parle de la loi » car cela lui permet de « voir comment la loi est faite ». Lorsqu’on lui demande son avis sur les hommes politiques et leur discours, elle répond : « ils parlent trop pour rien dire. Leur langage est un peu trop soutenu pour nous. Du coup, vu qu’on ne comprend pas on ne se s’intéresse pas ».

Même son de cloche pour Gisèle 14 ans. « Il devraient changer leur façon de parler, un peu plus développer avec des termes moins difficiles à comprendre. Un discours plus léger car nous les ados ne captons pas les choses. » dit-elleDevant les propos de la jeune fille, Sid-Ali rajoute « En fait ils ne se comprennent qu’entre-eux. »

Bien qu’ayant tous une mauvaise image des hommes politiques, quelques adolescents comme Evans 15 ans, trouve que le discours politique donne matière à réfléchir. « Ils ont un bon discours c’est-à-dire qu’ils ont des mots et des termes qui font réfléchir et penser. Surtout pendant les élections » confie le jeune homme.

En septembre 2013,  l’ex ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, indiquait que le gouvernement songerait à donner le droit de vote aux personnes âgées de 16 à 17 ans pour les élections locales. Mais ces derniers ne semblent pas s’en réjouir parce que « les jeunes ne peuvent pas comprendre ce genre de truc » selon leurs dires. Une question demeure alors. Si la majorité électorale passait de 18 à 16 ans, assisterons nous à la même débauche rhétorique ? Pas si sûr.

Mohamed K

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