« Dimanche, mission, loin ». Trois mots prononcés en réunion de rédaction ont sonné le glas de mon dimanche pénard en compagnie de Fédérer et Nadal. Créteil, c’est tout au bout de la ligne 8, Akli Mellouli m’y attend, il est candidat PS dans la première circonscription du Val-de-Marne. En ce jour d’élection, il est débordé « je viens de faire le tour des 54 bureaux de vote, plus que deux et j’ai fait le tour de la circonscription ! », me dit-il dans la voiture qui l’emmène vers la fin de son rallye. En chemin, il salut le chaland de passage, prend des nouvelles de connaissances, je raye de mon calepin la question visant à savoir s’il est du cru. Cheminant vers le dernier bureau de vote, il rencontre Monsieur Plagnol, candidat UMP dans la même circonscription et donc ennemi. Ennemi, c’est dans ma tête, dans la réalité le dialogue est courtois et il y a du fair play dans l’air.

Akli Mellouli est militant PS depuis 1988, il vient du milieu associatif, il a fait la marche des beurs. Il est aujourd’hui chargé de mission au Conseil régional d’Ile de France. Malgré les 54 bureaux de vote dans les jambes, il est très énergique, parle franchement, comme si ce petit blogueur de Bondy venu épié ces moindres faits et gestes n’était pas là. Candidat de la diversité, ça ne veut rien dire pour lui « diversité des talents, pas talent de la diversité. On ne doit pas mettre des candidats blacks ou beurs parce que la droite le fait. Ceux qui ont des talents, de la compétence, on les met en avant et c’est tout ». Mais pour Mehdi, un jeune homme à la sortie du bureau de vote, voir Akli Mellouli au parlement serait un plus « Faut que ça change …»

Une fois la tournée terminée, toute l’équipe d’Akli Mellouli se retrouve à la terrasse d’un café. On fait le point, on s’inquiète du fort taux de participation dans les villes de droite, on donne des estimations, on refait le monde autour d’un bon café. Ca papote comme si je n’étais pas là je vous dis, des luttes à l’intérieur du PS, du fonctionnement interne pendant la campagne à la volonté de le voir se rénover. L’entourage du candidat y croit, mais garde un bon sens critique. Akli Mellouli ne donne pas vraiment l’impression d’être un candidat de la diversité, en ce sens qu’il ne joue pas cette carte. C’est un candidat tout court. Son équipe de campagne n’intègre pas de « quota » particulier, et son exotisme ne semble ni être un atout ni un handicap tant la peau d’un députable lui va bien. Malheureusement les chiffres ne sont pas de mon avis, les résultats tombent : Akli Melloulli ne recueille que 15,8 %, Henri Plagnol candidat UMP avoisine les 45 %. Le taux d’abstention est responsable de ce résultat selon lui. Il ne cache pas sa déception mais compte bien tirer des leçons de cet échec.

Idir Hocini

Idir Hocini

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