Le président de la normalité inquiète davantage son peuple ces temps-ci ! Sa cote de popularité a chuté à 35% selon un sondage réalisé par l’Ipsos pour l’Express en décembre dernier. Le 6 mai 2012, nombre d’entre nous étions devant des écrans qui promettaient du changement. Il devait être maintenant. Neuf mois après où en est ce bébé nommé « nouveau virage » ?

Dans le 9.3, où François Hollande a obtenu 65,3% des suffrages au second tour, un record, les jeunes qui l’ont voté, attendent entre espoir et résignation.

Jordan, 26 ans, Noisy-le-Sec, technicien informatique chez Econocom :

«Pourquoi Hollande ? Tout simplement parce qu’il fallait un adversaire de taille face à la menace Sarkozy », s’empresse de confesser Jordan. Le froid ambiant semble délier sa langue : « son slogan, le changement je n’y crois pas trop ! Mais bon c’est peut-être trop tôt pour se prononcer, on verra bien ! »

Alexandra, 21 ans, Aulnay-sous-Bois, photograveuse chez Tourte et Petitin :

« À la base je suis communiste, j’ai dû voter car je n’aime pas Sarko » me lance timidement Alexandra. Elle semble gênée et rajoute avec un léger sourire au coin des lèvres : «  je ne suis pas au courant de ce qu’il a fait ou pas, mais le 6 mai à la place de la Bastille, j’étais là pour l’accueillir ! »

Kévin, 25 ans, Montreuil, magasinier chez Nike :
« J’ai fait comme la plupart des français, je voulais éviter Sarko », me balance Kévin avec nonchalance. « Je pense que c’est un président sans aucune prestance, ni charisme. » Il surenchérit avec le même entrain : « pour moi il ne fout pas grand-chose ! »

Jihenne, 25 ans, Bondy, étudiante en master 2 en Génie des systèmes industriels :

« J’ai voté Francois Holande, car j’ai cru en son programme politique », affirme Jihenne un peu dépitée. « Son mandat dure cinq ans, mais je trouve dommage qu’il n’ait pas su tenir ses premiers objectifs, comme le droit de vote des étrangers ».

Chez la plupart des jeunes rencontré un désintéressement de la politique se fait sentir. Les coupables sont comme toujours : « les fausses promesses ! ». Pourtant lors de sa venue au Bondy Blog café, le futur président affirmait avoir « un devoir » : celui d’emmener la jeunesse. Les saisons s’enchainent au fil du temps, mais on se demande bien quand le calme prendra le dessus sur l’actuelle tempête. La rose perd ses pétales à chaque couac orchestré par ses membres. La situation pousse davantage à se poser cette question : « le changement est-il vraiment maintenant ? »

Lansala Delcielo

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