Dernière ligne droite avant le premier tour. La salle est pleine à craquer. Le public scande son non, brandit des drapeaux. Le public se lève lorsqu’elle aborde la question de l’Europe et de l’immigration. Deux axes importants de son programme. Durant cette campagne, elle a su « imposer les vrais sujets », dit-elle. « Patiemment, courageusement, avec persévérance et obstination en apportant des solutions innovantes ». Elle attaque. Elle dénonce des promesses fumigènes pour cacher l’essentiel après avoir « subi un quinquennat cauchemardesque ».

Sur l’immigration, elle répète son souhait d’une France unie, « je choisis l’égalité de masse contre une immigration de masse. L’immigration massive rend impossible la solution du problème du loyer social, car on pratique la préférence étrangère ». C’est la faute aux politiques, pas aux immigrés : « Les responsables de cette situation ne sont pas les immigrés mais les politiques de gauche et de droite ».

Bastien, un militant de 20 ans est plus nuancé. Il considère que « ce n’est pas être néo-nazi de penser comme Marine Le Pen. J’ai des copains Blacks, Beurs. Les origines ne me posent aucun problème. Pour tout vous dire, je ne suis sortie qu’avec des étrangères. Ma dernière petite amie est une anglaise. Aujourd’hui je vis dans une société mélangée. Je compose avec. En revanche, si vous allez voir un militant d’une autre génération, le discours sera différent. Mais quoi qu’il en soit, on est pour la priorité nationale ».

Il faut être amoureux de la France. Amoureux des drapeaux et de son histoire pour prétendre à l’acquisition de la nationalité française : « La nationalité française s’hérite et se mérite. La première condition c’est d’aimer la France. Nous ne sommes pas xénophobes. Nous sommes francophiles ». La foule se lève. Brandit le drapeau bleu, blanc, rouge. Et scande « on est chez nous ! On est chez nous ! ». Et la candidate frontiste de répondre : « Et parce que vous êtes chez vous, vous ne voulez pas de franco-algérien comme Mohamed Merah. Nous voulons des Français amoureux de leur drapeau ».

Souverainisme oblige, l’union européenne est une arnaque, une tromperie, une ruine. L’Europe de Bruxelles a fait une croix sur la nation et le peuple : « Le rêve de Bruxelles est leur rêve commun. C’est le meilleur moyen qu’ils ont trouvé pour ruiner le peuple français. Ils nous vendent un peuple européen pour faire avancer leur immonde projet. L’Europe de Bruxelles c’est la ruine du peuple ».

Sur les autres candidats. Elle menace. Elle attaque. Personne n’est  épargné. Le parti socialiste est  « un club de bobo. Un parti réduit à un rôle de think tank ». Le sénateur Jean-Luc Mélenchon a lui aussi droit au petit clin d’œil, « Mélenchon-Buisson copains comme cochons ». Elle met en garde son ennemi juré le Président-candidat Nicolas Sarkozy : « Nicolas Sarkozy, vous n’échapperez pas à votre bilan, à votre trahison et à la sanction que vous méritez ». Elle prône le vote utile. Le seul qui pèse. C’est le vote en sa faveur car « le vote pour Nicolas Sarkozy est totalement inutile. Inutile car c’est un vote perdu comme lui ».

Mimissa Barberis

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