Les élections se suivent et ne se ressemblent pas. La rue a voté et c’est l’heure de faire le bilan. Lors des dernières législatives de 2007 environ 39% des Français ne s’étaient pas déplacés pour participer au scrutin. Pour le premier tour qui vient de s’achever, 42,5% des électeurs se sont abstenus. Un record depuis 1988.

L’abstention a été importante, notamment chez les jeunes. La moitié d’entre nous aurait passé son dimanche à éviter soigneusement le bureau de vote. La faute, dit-on,  à une élection réduite à un simple appel à soutenir le nouveau président, afin de lui offrir la majorité à l’Assemblée. Le mauvais temps aurait aussi joué, sans parler des parachutages malheureux de certains candidats qui n’ont pas grandement inspiré nombre d’électeurs.

Parmi les faits marquants de ce premier tour, la défaite de quelques personnalités. Rama Yade est éliminée du second tour dans les Hauts-de-Seine. Quant-à Jean-Luc Mélenchon venu sur les terres de Marine Le Pen défier le Front National à Hénin-Beaumont, il est lui aussi battu et sévèrement. La présidente du FN récolte 42,5% des voix presque le double du leader du Front de Gauche.

Il faut tout de même noter la percée importante des candidats du FDG dans certaines terres acquises à d’autres partis. Dans la sixième circonscription de Seine-et-Marne, s’il n’est pas présent au second tour, Guillaume Quercy, candidat à Meaux et dans les communes alentours, fait sept fois le score des candidats d’extrême-gauche de 2007, soit 7, 92 % des votes.

Le Front de gauche arrive également en tête dans quelques circonscriptions, notamment en Seine-Saint-Denis, et peut espérer entre 13 et 19 sièges à l’Assemblée. Mais malgré la progression de l’extrême gauche, là aussi, la comparaison ne tient pas fasse au FN, même si l’extrême droite aura certainement moins de députés. Avec 13,6% des suffrages, Le Front National fait deux fois mieux que son ennemi politique juré. Il est présent au second tour dans 61 circonscriptions. Il y aura aussi peut-être deux Le Pen à l’Assemblée : Marion, 22 ans, petite fille du fondateur du FN, arrive en tête dans le Vaucluse.

Pour le reste, ce premier tour n’a pas donné lieu a de grandes surprises. Dans de nombreuses villes, le round suivant donnera lieu à un duel UMP contre PS ou contre un des alliés du parti présidentiel. La gauche, tous partis confondus, arrive en tête du scrutin en totalisant 46,77% des voix. L’UMP et ses alliées en comptabilisent 34,07%.

L’UMP et le PS n’auront pas la même stratégie dans les triangulaires impliquant le FN. Martine Aubry a appelé au «désistement républicain» entre les deux partis. L’UMP se maintiendra partout où c’est possible selon les mots de Jean-François Copé. Reste que pour l’heure la gauche a de bonnes chances d’obtenir la majorité absolue à l’Assemblée.

A noter également pour clôturer le bilan de ce premier tour : Razzy hammadi, l’un des candidats « diversité » promu par PS, arrive en tête dans la circonscription Bagnolet-Montreuil. Il a donc de très bonnes chances de devenir député dimanche prochain.

Dolores Bakla

A l’exception notable de Rama Yade, tous les ex-ministres ou les ministres actuels ont de bonnes chances d’être réélus. Marie-Arlette Carlotti,  ministre déléguée aux Personnes handicapées est la plus menacée du gouvernement Ayrault, dans sa circonscription des Bouches du Rhône encore très ancrée à droite.

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