Samedi 5 mai 15h58 – 4h02 avant la mort programmée du président.

Chirac, Villepin, le duo infernal. J’ai trahi le premier, je suis sûr que le second a voulu me piéger dans l’affaire Clearstream. Chirac, il est sympathique aux Français, c’est pourquoi j’ai souhaité sa présence, pour la photo officielle. Il a exigé la présence de Dominique de Villepin. Je dois composer avec ces personnes qui me haïssent mais eux, y z’ont peut-être décidé de se passer de moi…

Jacques Chirac, inséparable de sa Corona, a les épaules basses. Il paraît moins grand qu’avant, surtout à côté du colosse de Villepin. Son ventre s’est arrondi, ses joues empâtées. Le pas est moins alerte et, parfois, il se soutient discrètement au bras de son ancien premier ministre. La complicité entre les deux hommes est évidente.

Jacques Chirac: Il me semble bien que j’ai déjà mis les pieds ici…

Dominique de Villepin : Vous y avez séjourné pendant 12 ans. (Aux enquêteurs) Excusez-le, il souffre d’anosognosie.

Jacques Chirac : Dommage qu’il y ait onze lettres, ça ferait un joli mot aux Chiffres et des lettres. Je regarde l’émission tous les jours. Il est bien le petit Romejko. Et Bertrand Renard, quel dieu des chiffres ! Tiens, j’aurais dû le prendre comme ministre des finances !

Claude Hortefeux : Messieurs, vous avez été désignés comme potentiels ravisseurs de M. Sarkozy.

Dominique de Villepin (s’enflamme) : Comment ça ? Ils veulent encore ma peau après Clearstream !

Jacques Chirac : Ne t’énerve pas Dominique. Dis que c’est Alain Juppé. C’est une ligne de défense qui a bien marché au temps du RPR.

Dominique De Villepin (consterné) : Jacques…

Jacques Chirac : Ou raconte que tu as perdu la mémoire. Mon docteur inventera un nom savant encore plus efficace que l’anosomachinchose.

Claude Hortefeux : Vous avouez Monsieur Chirac ?

Jacques Chirac : Vous pouvez me faire dire ce que vous voulez, ça m’en touche une, sans faire bouger l’autre. Avec toutes les casseroles que j’ai eues, j’ai l’impression d’avoir été président de Téfal.

Dominique De Villepin : Jacques, taisez-vous, vous ne vous aidez pas !

Jacques Chirac : Allons, je ne risque rien. Avant de quitter l’Elysée, j’ai organisé mon impunité avec Nicolas Machinchose. Hier comme aujourd’hui, je décide, il exécute.

Claude Hortefeux : Justement, il a disparu.

Jacques Chirac : Vous avez fouillé partout ? Les petits trucs, ça se perd facilement, vous savez.

Claude Hortefeux : Assez !

Jacques Chirac : Allons, calmez-vous, je vous promets que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider.

Claude Hortefeux : Enfin une parole réconfortante.

Jacques Chirac : Sachant que les promesses n’engagent que ceux qui les croient.

Claude Hortefeux : Vous allez me rendre fou ma parole ! Si ce n’est pas indiscret, pour qui avez voté au premier tour ?

Jacques Chirac : Jacques Ch…

Claude Hortefeux (l’interrompt) : Arrêtez les blagues, vous ne pouvez pas avoir voté pour vous-même !

Jacques Chirac : Jacques Cheminade.

Claude Hortefeux (songeur) : Ah d’accord, c’est le summum de la plaisanterie ! Les rumeurs sur votre santé sont donc exactes… Et vous, M. De Villepin, vous haïssez M. Sarkozy jusqu’à quel point ?

Dominique de Villepin : Comme l’a écrit Victor Hugo, « Le monosyllabe a une étrange capacité d’immensité : mer, nuit, jour, bien, mal, mort, oui, non, dieu ». Même un monosyllabe serait de trop pour vous dire combien je le déteste. C’est dire.

Claude Hortefeux : Je n’ai rien compris. Vous semblez avoir l’esprit retors. Vous exercez-vous aux énigmes ?

Dominique de Villepin : Avec Jacques, jadis, lorsqu’il était président. Comme il ne savait déjà pas très bien ce qu’il faisait, comme mon cabinet ne comprenait pas trop bien ce que je disais et que les Français ne voulaient surtout pas savoir ce que l’on tramait, la France était devenue la patrie du Sphinx.

Claude Hortefeux : Et si je vous parle d’un homme debout ?

Dominique de Villepin secoue la tête. Soudain Jacques Chirac s’illumine.

–        Je sais ce que ça veut dire !

Les oreilles se tendent, les enquêteurs s’agitent.

–        Oh et puis zut, je viens juste d’oublier.

Mabrouck Rachedi

Voir aussi :

L’enlèvement de Nicolas Sarkozy

L’enlèvement de Nicolas Sarkozy : l’enquête commence

L’enlèvement de Nicolas Sarkozy : on a trouvé le coupable idéal

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