MUNICIPALES 2014. Les alliances se nouent à Aulnay-sous-Bois. L’UDI de Jacques Chaussat soutiendra Bruno Beschizza, le candidat UMP. Et du côté des Verts, si le bureau national d’Europe Ecologie entend apporter son soutien au maire PS sortant, Alain Amedro le candidat écologiste, refuse.

Le second tour d’une élection est toujours cette période où les alliances heureuses ou malheureuses se nouent. A Aulnay, c’est Jacques Chaussat, candidat UDI, qui donne le la. Cadre supérieur, ancien directeur de banque, il a été de 1992 à 2008, adjoint au maire d’Aulnay-sous-Bois (nommé premier maire adjoint en 2004), en charge de l’économie et des finances de la municipalité. Auparavant, il faisait ses premiers pas au sein de la politique municipale en 1989. Encarté UDF à l’époque, « j’étais un militant de base, je collais des affiches ».  Après la défaite de la droite en 2008, il devient un double élu de l’opposition : à la ville d’Aulnay depuis 2008 et au conseil général de la Seine-Saint Denis (élu du canton sud) depuis 2007.

Jacques Chaussat est parti assez tôt en campagne, il annonce sa candidature pour les municipales début 2013. L’élu de l’opposition a été rejoint en janvier dernier par deux anciens adjoints du maire actuel. Il se vantait d’avoir une liste qui  « reflète la diversité de la population aulnaysienne » et la « volonté de représenter les différents quartiers, expériences et compétences ».

Dimanche dernier, l’élu UDI a récolté 14,36 % des suffrages exprimés. Il décide de se rallier au candidat UMP, Bruno Beschizza au second tour. C’est ce qu’il va faire publiquement à la salle Chanteloup, ce soir à 20h. « J’avais dis dès le départ de cette campagne que nous nous associerons, quel que soit le candidat en tête. C’est une alliance toute naturelle ». Qui dit alliance, dit négociation de poste, Jacques Chaussat répond « je n’ai pas négocié un poste pour moi, il m’a été proposé et je l’ai accepté ». L’élu UDI occupera la troisième position sur la liste du candidat UMP. Il avoue aussi avoir « négocié 5 postes »  pour ses colistiers.

Alain Amedro refuse de s’allier au PS, Emmanuelle Cosse décide du contraire

Si l’alliance marche à droite, elle paraît plus compliquée à gauche. Au lendemain du premier tour, Alain Amedro candidat EELV, refusait de faire alliance avec le PS local. Dans un communiqué publié hier matin, il réitère son refus de s’allier au maire sortant Gérard Ségura  et évoque des menaces de son propre parti visant à lui retirer sa délégation de vice-président de la région Ile-de-France. Interrogé, il s’explique « nous n’avons donné ni notre logo, ni notre soutien à Gérard Ségura. On est obligé de le rappeler puisqu’il est passé au-dessus de nous et que la direction nationale d’Europe Ecologie Les Verts a cru que c’était une bonne chose d’apporter un tel soutien à un maire qui a été désavoué ». Effectivement, Emmanuelle Cosse (secrétaire nationale d’EELV), a apporté son soutien à la candidature de Gérard Ségura au second tour.

« On connait ses méthodes, clientélismes et autres mauvaises méthodes » explique l’élu écologiste pour justifier le refus de s’allier et ajoute  « je suis pour soutenir des maires socialistes au second tour quand ils ont eu des politiques acceptables, des accords peuvent être passés quand on sait que les méthodes sont bonnes et qu’ils sont à l’écoute ». Le candidat écologiste ne donnera pas de consigne de vote « l’électeur est libre » dit-il, mais il ne se voit pas pour autant soutenir le candidat UMP comme il l’écrit dans son communiqué « je suis écologiste et de gauche, je ne peux que déplorer de voir la droite aux portes de ma ville, une droite dure, celle des amis de Jean-François Copé, une droite qui divise et qui manipule les peurs »

Contacté par la rédaction, le cabinet d’Emmanuelle Cosse dédramatise la situation « c’est toujours très compliqué, on comprend que c’est dur humainement ». Le bureau politique reste déterminé à « faire barrage à la droite » et participer au « rassemblement de la gauche ». « On a une prise de responsabilité au niveau national, la direction nationale doit maintenir une ligne claire » nous explique le cabinet qui préfère « soutenir le candidat de gauche » lors d’un duel gauche-droite.

Concernant les  menaces par rapport au poste de vice président de monsieur Amedro, le cabinet d’Emmanuelle Cosse dément «  ce sont des rumeurs, ce n’est pas du tout les méthodes que l’on emploi ». Gérard Ségura, quant à lui, assurera son dernier meeting ce soir à 19h.

Imane Youssfi

 

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