C’est le jour J. Les avions pour Gaza, remplis de médicaments et de matériel médical, s’apprêtent à décoller. Direction l’aéroport d’El Harish, en Egypte. De là, des camions prendront le relais à destination de l’hôpital Chifa de Gaza. Dans le salon privé du Bourget, le président du Secours populaire français, Julien Lauprêtre, celui du Secours islamique France, Rachid Lahlou, et le comédien Jamel Debbouze se félicitent mutuellement. Ils sont soulagés, l’objectif est atteint. Mais l’aventure ne fait que commencer, comme l’indique Julien Lauprêtre : « Certes, les avions décollent aujourd’hui (hier) pour Gaza, mais l’action humanitaire doit continuer car la situation est dramatique, on doit redoubler d’efforts. »

Il insiste sur un fait : « Cette action n’est nullement partisane, dit-il. Elle peut être, même, un facteur de paix. Cela fait plus de vingt ans que le Secours populaire travaille dans cette région en étroite collaboration avec des médecins israéliens et palestiniens, nous essayons d’apporter notre contribution afin que notre organisation soit un pont fraternel entre Israéliens et Palestiniens. » Son homologue du Secours islamique affirme que l’opération « Un avion pour Gaza » parrainée par Jamel peut susciter des vocations chez les jeunes Français : « Jamel qui s’investit autant dans une action humanitaire, on ne peut être qu’admiratif. Je tiens à dire que chacun doit prendre conscience qu’on ne peut rester insensible à des drames humains, que ce soit à Gaza ou ailleurs. »

Pour Jamel, son implication dans cette opération obéit à un « devoir moral et citoyen » : « Lorsqu’on se trouve face à une tragédie humaine, on ne peut rester inactif, dit-il. Il ne s’agit pas d’entrer dans des considérations politiques, c’est une action humanitaire qui vient en aide à des hommes, des femmes et des enfants qui vivent un drame terrible. Encore une fois, notre combat est strictement humanitaire. »

Le comédien dresse un parallèle avec ce qu’il a vécu dans son enfance : « Vous savez, lorsque j’étais enfant, je vivais dans une situation précaire, j’étais bien content qu’en bas de chez moi, il y ait le Secours populaire. C’est grâce à des bénévoles du Secours populaire qu’on pouvait quelque fois manger à notre faim. Par conséquent, il faut agir et s’investir dans l’humanitaire quand c’est possible. » Une chose a marqué Jamel : c’est la catégorie sociale des gens qui ont fait des dons pour « Un avion pour Gaza » : « C’est pas des riches, ce sont des gens modestes, et ça c’est vraiment incroyable, des personnes qui traversent des difficultés tous les mois. Ils ont donné des petites sommes, mais avec ces petites sommes, nous avons atteint aujourd’hui 186 000 euros. »

Dans l’esprit des organisateurs de cette opération, associer le Secours populaire au Secours islamique, c’est aussi vouloir démontrer que l’humanitaire va au-delà des clivages ethniques et religieux. Jamel : « Le Secours islamique est victime de préjugés, parce que les gens confondent islamistes et islamiques, cela n’a rien à voir, affirme-t-il. Cette organisation est strictement humanitaire, donc halte aux amalgames. Il faut donner, faire des dons, certains sont réticents parce qu’ils mélangent tout. Entre le Secours populaire et le Secours islamique, une véritable histoire d’amour est née. »

Il est 17 heures, les deux avions décollent de la piste du Bourget à destination de Gaza. Première mission accomplie.

Chaker Nouri

Légende 2e photo : Chaker en compagnie de Jamel.

Pour adresser vos dons : www.unavionpourgaza.com

Chaker Nouri

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