Il est midi dans la ville d’Aubervilliers. Rue Karman, une conférence se prépare. Son nom : Les 40 engagements pour l’égalité Femmes-Hommes, de François Hollande. Dans la pièce étroite, une trentaine de chaises est disposée. Les gens arrivent peu à peu. On se retrouve, on se présente, on se serre la main. L’ambiance est détendue. La tranche d’âge varie de 30 à 60 ans environ. On remarque la présence de quelques hommes notamment, celle de Jacques Salvatore, maire d’Aubervilliers ainsi que de Bertrand Kern, maire de Pantin.

12h30.  Les femmes qui s’engagent arrivent. Il s’agit de Najia Amzal, Elisabeth Pochon, Milouda Latrèche et Elisabeth Guigou, toutes candidates aux législatives, mais aussi  Sylvine Thomassin, maire de Bondy et Evelyne Yonnet, adjointe au maire d’Aubervilliers. Elles se placent tout sourire, prêtes à  défendre leur cause. Elisabeth Guigou prend la parole en premier : « Les femmes cumulent toutes les inégalités. Cet engagement fort pris par François Hollande, qui a mis l’égalité entre les femmes et les hommes au cœur de son programme général, mérite une attention particulière ». Elisabeth Pochon, CPE dans un collège et candidate à la 8e circonscription, reprend la parole. Pour elle, il faut « construire avec la jeunesse la société de l’égalité de demain et ce, depuis les manuels de l’école ». Elle rappelle qu’il y a encore beaucoup de livres qui véhiculent des stéréotypes. Elle ajoute qu’il faut lutter contre les violences sexistes : « Les chiffres sont terribles : Il y a un viol toutes les cinq minutes, deux cents viols par jour et soixante quinze mille viols par an ».

Professeur d’histoire-géographie et candidate à la 4e circonscription, Najia Amzal, 30 ans, affirme pour sa part : « On peut mesurer l’avancement d’une démocratie à la place que cette démocratie fait aux femmes. Je constate depuis cinq ans que mes droits de femmes ont reculés ». Elle se penche sur le cas de l’accès aux soins : «  Depuis dix ans, 149 centres d’IVG ont été fermés ». Elle annonce aussi que s’il est élu, François Hollande mettra en place le forfait « mineur contraception », c’est-à-dire que chaque jeune aura le droit à l’information anonymement, très facilement.

Milouda Latrèche, candidate à la 5e circonscription, défend une autre catégorie de femmes, les mères de famille ayant des enfants en bas-âge : « On peut évoquer le manque de place dans les crèches. Une femme sur trois doit travailler à  temps partiel. Or aujourd’hui, ce sont des femmes qui mettent  leurs carrières entre parenthèse pour garder leurs enfants.  Il se trouve que l’émancipation des femmes passe par un soutien de la parentalité. François Hollande propose de mettre en place, avec les collectivités territoriales, un service public de la petite enfance où il y aura une obligation d’accueil de tous les enfants à partir de 3 ans ».

C’est au tour de la maire de Bondy de parler : « Je suis venue au socialisme par le combat féministe. François Hollande dresse un constat juste. Au-delà de ce constat, en l’écoutant parler et en le lisant, il était convaincu que ce combat n’était pas qu’une affaire de femme et c’est ce que je répète depuis des années. Le féminisme  est une forme d’humanisme. Il doit être un combat d’hommes et de femmes ». Evelyne Yonnet termine le tour de table. Elle ne se dit pas féministe mais femme tout simplement, à égalité avec les hommes.

La conférence se termine avec un court débat. Quelques questions plus tard, tout le monde quitte la salle. A l’extérieur, cigarettes à la main, les femmes contentes d’avoir enfin la parole se disent prêtes à continuer le combat.

Wassila Belkadi et Yamina Jarboua

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