A la Fête de l’Huma, on y va pour plein de raisons : parce qu’on est communiste et qu’on soutient le parti ; par habitude ; ou encore parce qu’on est sûr d’y trouver un tas de groupes et d’artistes qu’on ne pourrait voir ailleurs pour ce prix (17 euros les trois jours). Moi-même, c’est pour cette dernière raison que je m’y suis rendue – N.E.R.D et les Babyshambles étaient de passage. Mais pas seulement : aussi parce que je souhaitais parler à un groupe de jeunes communistes pour avoir leur vision du monde aujourd’hui.

Me promenant dans les dizaines d’allées recouvertes de paille, avec l’accordéon pour musique d’ambiance – hommage permanent au Front populaire – j’ai bien trouvé un groupe de jeunez communistes, mais ils étaient trop saouls pour répondre à mes questions. Mauvaise pioche. Je m’en vais donc piocher ailleurs. Deux jeunes filles papotent de tout et de rien. Je les aborde pour savoir ce qui les amène ici. Morgane, 18 ans, étudiante en droit, et Aude, 20 ans, étudiante en art et culture, veulent bien de me répondre. « Moi, dit Morgane, c’est pour l’ambiance et les concerts que je suis là. – Non, moi c’est parce que mes parents y vont tous les ans, alors je les suis », explique Aude.

Je comprends ce ne sont pas des motivations politiques qui ont conduit ces deux-la à la Fête de l’Huma. « Mais avez-vous quand même un point de vue sur la politique ? enchaîné-je. – Moi, je suis PS comme toute ma famille », confie Aude. Morgane, elle, se dit être « modérée ». Un peu perplexe, je lui demande d’expliquer ce qu’elle entend par « modéré ». « Etre modéré, ça veut qu’on n’a pas vraiment de parti, c’est être au centre de la gauche », précise-t-elle. Elle ajoute, rigolant : « Chez moi, d’ailleurs, c’est compliqué d’être modéré, car il y a toute une partie qui est à gauche et toute une autre qui est à droite, alors la couleur politique dominante, ça dépend de qui vient aux réunions de famille ! »

J’aimerais savoir ce que le communisme évoque chez ces jeunes filles. « Les communistes ? Ils sont antidémocrates », répond Aude. « C’est un idéal impossible à réaliser, continue Morgane, les communistes n’ont pas de programme, ce sont des anti-tout, et en premier lieu des anticapitalistes. » Des antiscapitalistes, ajouterais-je, qui, durant trois jours de manifestation tous publics au Parc de La Courneuve, cherchent à faire du profit pour renflouer les caisses du parti.

J’ose cette dernière question : « Et le pape Benoît XVI, qui est à paris, c’est quelque chose, non ? – Les cathos, ils sont pires que les cocos de toute façon, on s’en fout du pape », affirment-elles. « Ce week-end, c’est ici et pas ailleurs qu’il fallait être ! », clame Aude.

Axelle Adjanohoun

Axelle Adjanohoun

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