EUROPÉENNES 2014. L’UMP tenait son grand meeting national pour les européennes dans la soirée du mercredi 21 mai, à Paris. Face à un auditoire d’environ 1 500 personnes, Jean-François Copé a appelé à la mobilisation pour le scrutin de dimanche 25 mai.

Entrée triomphale pour Jean-François Copé avec les  membres des têtes  de listes qui se présentent à l’élection européenne de ce dimanche. Derrière le président de l’UMP, Brice Hortefeux (Massif Central, Centre), Michèle Alliot Marie (Sud Ouest), Nadine Morano (Est), Alain Lamassoure (Île-de-France, Français établis hors de France), Alain Cadec (Ouest), Jérôme Lavrilleux  (Nord-Ouest) et Reandu Muselier (Sud-Est).

Autour d’eux, une armada de journalistes. Les flashs des appareils photos  des militants crépitent. L’une d’elle, heureuse de voir Jean-François Copé dit : « Il est plus petit de taille que je ne le pensais. » Une musique accompagne les candidats. Le son fait penser à un début de combat de boxe. Dans la salle, les militants applaudissent les arrivants et citent plusieurs fois le nom de Jean-François Copé. Les drapeaux tricolores et européens ont été mis à la disposition des militants qui n’ont pas perdu du temps en les utilisant dès le début du meeting.

Tout le monde s’installe sur les sièges. Au premier rang, Rachid Dati, François Fillon, Jean- Pierre Raffarin, Michel Barnier, sans oublier  la femme de Jean-François Copé, fidèle au poste comme à son habitude. C’est Guillaume Larrivé, député de l’Yonne et directeur de la campagne qui anime le meeting.

A trois jours du scrutin, l’UMP donne une image d’unité. La famille s’est réconciliée. Présent dans la salle, Lamine, 35 ans expert-comptable, est venu écouter avec attention les ténors du parti. Il se réjouit de l’unité retrouvée : « Je souhaitais vivre ce moment de grande intensité qui permet de rassembler la grande famille UMP.  C’est l’occasion pour les sympathisants de voir leurs grands champions réunis et solidaires ».

Oubliés les affaires d’égo entre Jean-François Copé et François Fillon, ou l’affaire de l’agence de communication Bygmalion. Aujourd’hui, ce n’est plus l’heure de régler ses comptes, mais de motiver les gens à se rendre aux urnes en faisant un vote d’unité. En forme, Jean-François Copé démarre en critiquant dès le début de son discours la politique de François Hollande. « C’est l’occasion pour les Français de dire quelle Europe ils veulent pour demain, mais c’est aussi surtout l’occasion de sanctionner François Hollande qui porte une responsabilité majeur de l’état de notre pays. Je garde en mémoire ce qui s’est passé le 30 mars dernier, c’est la victoire historique de l’UMP à l’élection municipale. Village par village et ville par ville et maison par maison, nous sommes allés à la rencontre des Français. Et nous avons à cette occasion pris la mesure  de la colère, de l’exaspération  des Français. »

Le Front national en prend aussi pour son grade. Les critiques fusent. Le Front de gauche n’est pas en reste. Jean-François Copé poursuit, « l’économie de la France est extrêmement grave et nul ici n’a besoin de s’en réjouir sauf les extrêmes, qu’il s’agisse du Front National ou du Front de Gauche, et on le voit à l’occasion de cette campagne, ils prospèrent sur les problèmes des Français. Des Français exaspérés, indignés, et profondément inquiets pour eux et leurs enfants (…) J’ai pu dire à Madame Le Pen que son argument UMP- PS était battu en brèche par un autre dont elle portait la responsabilité personnelle. FN-PS parce que c’est par Marine Le Pen qui a fait que François Hollande  a été élu en appelant à  faire battre Nicolas Sarkozy. C’est la dernière de chance de François Hollande pour ces élections européennes. »

C’est autour de  Brice Hortefeux de prendre la parole et comme à son habitude, il ne mâche pas ses mots. Les sympathisants l’applaudissent chaleureusement. Avec lui, on aborde son thème de prédilection, qui n’est autre que l’immigration. On se souvient de ses heures de gloire au sein du gouvernement Fillon. Pour les militants, c’est un homme qui va au bout de ses engagements et qui n’hésitera pas à défendre ses convictions au sein du Parlement européen s’il est élu dimanche soir. A la question  » comment mieux maitriser à l’échelle européenne l’immigration ? », Brice Hortefeux répond : « A la demande d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, nous avons entamé une démarche claire  pour que la Bulgarie et la Roumanie n’entrent pas maintenant dans l’espace Schengen. Il nous faut aujourd’hui construire une nouvelle politique d’immigration, une politique de maîtrise des frontières et une politique de flux migratoires, cela suppose qu’on marche sur nos deux jambes. »

Pour l’Europe, l’UMP désire ainsi reformer complètement le système de Schengen en refusant l’immigration subie, mais plutôt choisie, et réduire le regroupement familial. Autre proposition sur le même sujet, l’exclusion de l’espace Schengen des pays ayant des frontières dites « passoires ». Dans le domaine économique, l’UMP mise sur plus de convergences fiscale et sociale en Europe, pour créer plus d’emplois.

D’autres sujets ont été évoqués durant le débat, comme renforcer l’agriculture avec  un budget important. Les électeurs français sont attendues dans les bureaux de vote ce dimanche 25 mai. Se déplaceront-ils pour un scrutin dont ils ne connaissent, pour la majorité, ni les tenants, ni les aboutissants ?

Hana Ferroudj

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