Mathieu Hanotin. A 33 ans, ce vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis, chargé de l’éducation et de la jeunesse,  représente le parti socialiste pour les législatives dans la circonscription de Saint Denis/Pierrefitte et Villetaneuse. Dans son local, rue Désiré Lelay à Saint-Denis, l’élu du conseil général revient sur son parcours scolaire et politique.

Téléphone posé sur la table, Mathieu Hanotin plonge dans ses souvenirs. Tout commence dans sa ville natale, à Compiègne (dans l’Oise). Il admet avoir déjà été indépendant et engagé depuis son plus jeune âge. Tout commence par la création d’un club nommé « échec » en classe de « 6ème ou 5ème […] le but était que les élèves puissent fonctionner de manière autonome ». Ses camarades pouvaient alors se voir attribuer des salles réservées, des passages à la cantine par exemple. « J’ai aussi été régulièrement délégué de classe » dit-il en souriant. Tout en regardant au loin, comme pour ressasser des souvenirs lointains, le jeune socialiste se souvient des mobilisations lycéennes en 1993 (le « SMIC-jeune » de Balladur) et en 1995 (réformes des retraites).

Mais c’est finalement sur les bancs de la fac qu’il prend goût au militantisme en adhérant  et en militant activement à l’UNEF (UNEF-ID dans un premier temps, puis UNEF unifié) pendant ses études de droit et d’histoire à l’université de Strasbourg, puis à Paris I- la Sorbonne. Il adhère par la même occasion au parti socialiste « en novembre 1996 ».

Débuts des années 2000 marquera son entrée réelle en politique. Il passe quatre années à la mairie de Paris, aux côtés de Pascal Cherki (adjoint au maire chargé des sports à l’époque). Le jeune politique finit par s’installer à Saint-Denis en 2005 et avoue être « tombé amoureux » de cette ville et parle même de « coup de foudre » pour ce territoire. De fil en aiguille, Mathieu Hanotin s’engage  dans la politique locale et devient candidat aux élections cantonales en 2009. C’est ainsi qu’il est amené à travailler avec Claude Bartolone au conseil général du 93.  « Je ne suis pas de ceux qui attendant la révolution pour changer les choses. A tous les niveaux il y a un moyen de les faire bouger » affirme-t-il.

Faire de la politique, s’engager d’accord, mais pourquoi au parti socialiste ? « Je suis convaincu que c’est au PS que les choses se font », Mathieu Hanotin voit « son engagement au PS comme une évidence ». Même s’il avoue « philosophiquement ne pas être d’accord avec tous » et dénonce quand son parti s’embarque dans une « dérive droitière » sans crainte, « je l’affirme haut et fort » se vante-t-il. Ce qu’il aime en politique, c’est d’être surpris. Le jeune socialiste avait soutenu Martine Aubry lors des primaires et affirme que « François Hollande l’a agréablement surpris ».

Ses priorités pour les législatives ? Education, emploi, sécurité, logement. « Le peuple de gauche a gagné le changement. Il faut que François Hollande puisse finir le travail, il faut qu’il puisse appliquer son programme ». Allusion à cette volonté du PS d’être majoritaire à l’Assemblée Nationale?

Peu d’inquiétude pour ce jeune élu sur l’abstention dans les quartiers populaires, mais il insiste sur la nécessité de leur déplacement aux bureaux de vote « aujourd’hui leur vote est utile » un vote qui, selon lui  « va permettre à François Hollande d’appliquer son programme de changement », et ajoute qu’il « souhaite incarner au niveau local ce changement ». Réponse les 10 et 17 juin prochain.

Imane Youssfi

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