Cette nuit, Mohamed Ouerfelli patrouillera dans les rues de Gonesse. Sa mission, qu’il partage avec quelques-uns, est de prévenir tout débordement dans cette ville voisine de Villiers-le-Bel. « J’irai chercher les jeunes, dans la rue, pour qu’il n’y ait pas de dégâts », explique-t-il. Gonesse est l’une des six mairies socialistes de la banlieue parisienne qui, mardi, ont lancé un « appel au calme ». « Mercredi, affirme Mohamed Ouerfelli, les vaguemestres de la commune, qui manque de policiers, ont placardé des affiches (ci-contre) sur toutes les portes d’appartement. » Frapper les esprits, et fortement : tel est le but de cette initiative pacificatrice, prise par la municipalité.

Mohamed Ouerfelli a une cinquantaine d’année. Il consacre l’essentiel de sa vie à une cause majeure, illusoire mais nécessaire : l’harmonie entre citoyens. Les émeutes de Villiers-le-Bel l’ont ramené en première ligne d’un dialogue de sourds. Lui a les mots pour se faire entendre. Avec sa voix grave, ses yeux bons, sa connaissance des gens et un sourire jaugeur d’intentions, les bonnes comme les mauvaises, il impose un certain respect. L’associatif, nerf du lien social dans les quartiers populaires, est pour lui une éthique de vie. « En 1999, j’ai fondé à Gonesse la fête du voisinage, raconte-t-il. Je suis membre du conseil d’éthique de la commune, qui réunit les représentants des religions, et membre du conseil du quartier. »

Aux élections municipales de mars prochain, il figurera sur la liste socialiste du maire Jean-Pierre Blazy, qui brigue un nouveau mandat. Sa carte de visite, fournie comme un CV, le dit aussi président départemental du Rassemblement social-démocrate, dirigé par l’ex-candidat à la présidence de la République Rachid Nekkaz (qui n’avait pas obtenu les 500 signatures d’élus l’autorisant à solliciter le suffrage universel).

C’est avec des hommes de la trempe de Mohamed Ouerfelli que la vie continue d’être plus forte que la mort.

Antoine Menusier

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