MUNICIPALES 2014. A Gennevilliers, alors que les communistes, actuellement en poste, affronteront l’UMP de Jacqueline Cléro. Le collectif  PGFC présente un jeune candidat aux élections municipales de 2014 : Nasser Lajili, conseiller municipal proche des idées du Parti communiste. Portrait.

Nasser Lajili, né à Colombes, 31 ans, a passé la majeure partie de sa vie dans le quartier de Luth, un quartier réputé difficile à Gennevilliers. Son parcours militant, il le commence lorsqu’il se bat pour le relogement décent de ses parents « venus des bidonvilles de Nanterre pour atterrir à Gennevilliers, au Luth », raconte-t-il. « J’ai grandi dans un bâtiment, qu’on appelle la fameuse barre de Gérard Philippe. Ce qui m’a incité à penser au militantisme ou autre mouvement d’association c’est quand on s’est battu au sein de l’amical des locataires de Gérard Philippe pour le relogement de nos parents, parce que c’est un immeuble détruit aujourd’hui. Par la suite avec les locataires de l’amical de Gérard Philippe, on s’était battu avec la ville et l’OPHLM pour que les familles soient relogées dignement et proprement. Dans le sens où ce n’était pas dans notre volonté de déménager et que c’était la volonté de la ville qui devait prendre en charge tout ce qui était travaux dans nos appartements. Et c’était notre combat quotidien, car à la base ce n’était pas gagné…»

Son combat militant, Nasser Lajili le poursuit en participant en 2002 au Conseil local de la jeunesse dans plusieurs quartiers de la ville avec des jeunes de différents quartiers. « Le point fort qu’on avait c’est que nous vivions tous la même chose sur les problématiques et les difficultés qu’on pouvait avoir sur les quartiers. Et on s’est dit, pourquoi ne pas se constituer en association ou en conseil local de la jeunesse qui pourrait être soutenu par la commune. Et ainsi essayer de créer une « force » pour que les jeunes soient entendus et reconnus ». Dans ce conseil, Nasser Lajili y reste quatre ans et en parallèle crée l’association L’ouverture, pour qu’elle soit intergénérationnelle. Car en effet, le conseil local de la jeunesse, limité en âge, ne le permettait pas.

Son parcours politique se poursuit avec son soutien, lors de la présidentielle de 2007, à Olivier Besancenot. « J’ai voté pour Olivier Besancenot car c’est celui qui me représentait le mieux. Chez les autres j’ai trouvé trop de sectarisme, pas assez de jeunes. Ce qui m’attirait chez lui c’est que c’était un jeune, très fort au niveau des débats télévisés et peut-être parce que c’était le candidat le plus jeune » explique-t-il. Il fait ensuite partie de ceux qui ont crée Alternative citoyenne apparentée communiste. C’est alors qu’en 2008, le PCF lui propose de faire partie du conseil municipal dans la majorité en tant qu’alternative citoyenne.

Quand on lui demande s’il n’est pas la « carte diversité » du PCF, il hésite : « Ça peut être vu de cette manière-là, mais moi mon intention, c’était de faire bouger les choses au sein de la majorité. Et de ne pas être la “rame de service » ou l’image de la personne. D’ailleurs aujourd’hui je pense qu’ils doivent s’en mordre les doigts. Ils sont en train de constater que malheureusement je n’ai pas suivi le trajet qu’ils souhaitaient que j’emprunte. Donc c’est pour ça que j’avais accepté. Sinon je n’ai jamais adhéré au Parti communiste ».

Nasser Lajili poursuit son chemin indépendamment de toute étiquette, en se présentant aux cantonales en 2011 sous le collectif PGFC ( créé à ce moment-là. Il crée ainsi ce collectif pour défendre ce qu’il appelle les valeurs de la gauche sociale. Valeurs qu’ils ne reconnait plus au Parti socialiste. Aux cantonales, désigné tête de liste, il arrive en troisième position sur huit candidats. Il se retrouve félicité par le maire Jacques Bourgoin mais taxé de communautariste par la maire-adjointe, étant le seul maghrébin en tête de liste. « Pourtant quand je faisais partie de la majorité municipale, personne ne m’accusait de communautariste », se défend Nasser Lajili qui se dit « fier d’être Français».

Ce qui l’amène aujourd’hui à se présenter en tête de liste des municipales de son collectif, c’est défendre des valeurs de gauche plus sociales. Car il juge que le gouvernement socialiste actuel a des valeurs de droite, comme le fait d’augmenter les impôts par exemple. Cuisinier de formation et aujourd’hui à la recherche d’un emploi, il passe ses journées à faire campagne pour devenir maire de sa ville.

Il compte ainsi sur un démarchage de proximité en préparant des réunions publiques pour sensibiliser et convaincre, par le tractage, la prospection des boîtes aux lettres et le porte-à-porte. Il y passe ainsi entre six à sept heures par jour en moyenne du lundi au vendredi avec un petit groupe. Puis Nasser Lajili continue le weekend en réunissant son collectif tous les dimanches afin de tracter dans les marchés. Il mise sur la jeunesse et dit que « l’avenir appartient à la jeunesse, on a peur de la jeunesse alors que c’est une richesse ».

Chahira Bakhtaoui

 

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