L’ancien Président de la République était ce matin à Aulnay-sous-Bois, pour son premier meeting en Seine-Saint-Denis. Militants et sympathisants se sont déplacés pour écouter le discours du candidat à la présidence de l’UMP, une élection qui aura lieu à la fin du mois. 

Une petite foule attendait ce matin à 10 heures, à l’entrée du gymnase Pierre Scohy d’Aulnay-sous-Bois. Ce même gymnase qui avait accueilli François Hollande pendant sa campagne en 2012. Certains portent des drapeaux, d’autres des t-shirt à l’effigie de l’ancien Président. Pour ceux qui seraient venus les mains vides un stand goodies les attendait à l’entrée avec tout le nécessaire pour sauver l’UMP.

En attendant Nicolas Sarkozy, les militants et autres sympathisants tentent de remplir la salle. « Ils étaient au moins 1000 » selon le maire d’Aulnay, Bruno Beschizza. Pendant ce temps, un jeune militant UMP s’exerce à ce qui semble être l’un de ses premiers meeting. « On compte sur vous pour faire du bruit, on veut que la Seine-Saint-Denis mette de l’ambiance » crie-t-il à l’auditoire composé principalement de personnes âgées.

Une heure plus tard, l’homme tant attendu est accueilli chaleureusement par la foule entre « Nicolas, Nicolas » et applaudissements. Philippe Dallier, sénateur UMP de la Seine-Saint-Denis, prend alors la parole et entre tout de suite dans le vif du sujet. « Immigration », « communautarisme », « justice » posant les jalons sur les thématiques qui seront abordées par Nicolas Sarkozy. Bruno Beschizza conclue brièvement l’introduction sur les thèmes de la famille « à droite nous devons définir une certaine conception de la famille » et nous rappelle son propre parcours « Moi je suis issu de l’immigration, pur produit de Seine-Saint-Denis. Je ne demande pas ce que la république me doit, je demande ce que je dois à la république. » Et lance Nicolas Sarkozy en le remerciant « d’avoir fait d’Aulnay le laboratoire d’une droite renouvelée, une droite assumée ».

« Dans ma famille politique je n’ai pas d’adversaire, je préfère être un peu aveugle et un peu sourd »

C’est donc sous les applaudissements que l’ancien Président de la République entame son premier meeting dans le 93. Il en profite pour régler ses comptes « le spectacle qui a été donné par notre famille politique est humiliant pour les militants. Dans ma famille politique je n’ai pas d’adversaire je préfère être un peu aveugle et un peu sourd ; Si j’ouvrais trop grand mes oreilles et mes yeux ce ne serait pas bon pour la famille » et appelle au rassemblement. Ses adversaires politiques eux aussi en prenne pour leur grade « Pendant la campagne François Hollande nous disait « j’aime pas les riches » et bien maintenant on a compris qu’il n’aimait pas les pauvres non plus » message explicite au au chef de l’État qu’il accuse de tous les maux. Mélenchon, Marine le Pen brièvement cités au passage mais pas épargnés « Je n’ai aucune leçon à recevoir de Madame le Pen qui a été complice de l’élection de Hollande. … Elle a le programme économique de Monsieur Mélenchon. Si vous voulez le smic à 2000 euros et la retraite à 60 ans votez Front National ».

Entre blagues et attaques Nicolas Sarkozy en profite pour revenir à ses fondamentaux « Je suis chrétien de culture et de racine, la France n’est pas que Chrétienne, elle a des racines chrétiennes. » Il revient également sur l’immigration, l’intégration, l’assimilation et d’autres thèmes qui lui sont chers « je sais d’où je viens et je connais la géographie, la France s’est toujours construite sur le métissage, mais est-ce qu’on peut continuer à accueillir tous les étrangers alors que notre système d’intégration est un échec cuisant, un échec total ? » s’interroge l’ancien président qui poursuit « je n’aime pas le communautarisme, quand un juif se fait attaquer, bousculer, ce n’est pas l’affaire de la communauté juive c’est l’affaire de la France ! Je combats les amalgames scandaleux sur nos compatriotes musulmans de France ».

Mais s’il est là, c’est surtout pour convaincre l’assemblée majoritairement composée de militants UMP que c’est pour lui qu’ils doivent voter le 29 novembre « si vous êtes ici un samedi matin au lieu de vous occuper de vos enfants c’est parce que vous aimez la France plus que les autres » leur dit-il. Pour les séduire il ne lésine pas sur l’humour « faut que je vous avoue un truc… J’ai jamais été de gauche, même quand j’étais jeune j’ai vu qu’il y avait un truc qui ne marchait pas » et les petits confidences « les journalistes me demande qu’est-ce que vous avez fait pendant 2 ans et demi, je leur dit ça vous regarde pas, mais à vous je vais le dire… » Tour à tour plusieurs sujets sont abordés avec plus ou moins de gravité dans la voix. Droit de la propriété, éducation, impôts, politique étrangère… Notamment lors des questions-réponses de militants où il nargue ouvertement la position de la France vis-à-vis de la Russie conseillant au gouvernement d’honorer sa parole pour la livraison des mistral.

« Le vote que vous allez exprimer le 29 est beaucoup plus important que vous ne l’imaginez, du score que vous m’accorderez dépendront la force et la légitimité de l’équipe que nous mettrons en place » conclue le candidat aux primaires UMP. Un discours qui n’est pas sans effets sur les militants présents. Un groupe venu tout droit de Nouvelle Calédonie se fait entendre pendant tout le meeting « je ne sais pas si on va être très objectives parce qu’on est des fans de Nicolas Sarkozy » nous lance une militante calédonienne « Nicolas Sarkozy a des positions fortes sur la Nouvelle Calédonie c’est le seul à les avoir eues. C’est le seul à avoir dit clairement que la Nouvelle Calédonie c’est la République ». Peu nombreux, mais présents quand même, des jeunes aulnaysiens « sympathisants, adhérents à venir » livrent leurs impressions « ce qui m’attire ce n’est pas l’UMP ou le PS c’est Sarkozy. J’aime son personnage c’est quelqu’un de présent on sent sa présence » sans donner plus de détails sur ce qui leur plait vraiment chez l’ancien président. Un autre militant se dit clairement conquis par ce meeting mais comme d’autres, doute encore sur le nom qu’il glissera dans l’urne le 29 novembre prochain…

Widad Ketfi et Imane Youssfi

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