Les élections municipales de l’an dernier sont donc invalidées. Michel Pajon et son équipe destitués et l’élu Front national Maxence Buttey rendu inéligible pendant un an. Un recours avait été fait par l’ex-candidate des Républicains Brigitte Marsigny afin de dénoncer des irrégularités ainsi que des votes suspects dans les quinze bureaux de vote où elle n’avait pas d’assesseurs. Quant au candidat FN Maxence Buttey, il avait de son côté mis sur sa liste une militante des Républicains sans son accord et qui de surcroît sans lui-même le savoir, était une amie de Brigitte Marsigny. Ironie du sort…
De son côté Michel Pajon déplore dans une lettre envoyée le 17 juin aux habitants de Noisy-le-Grand. Il estime que : « cette décision inédite et surprenante aura des conséquences regrettables pour la ville de Noisy-le-Grand […] L’équipe municipale va être contrainte de suspendre son action pendant trois mois dans une période cruciale pour l’avenir de notre ville ». L’élu poursuit : « cette mise en sommeil de notre travail sera dommageable et coûteuse. Elle va nous empêcher d’avancer sur de nombreux projets majeurs pour l’avenir de Noisy-le-Grand. Elle va ralentir nos initiatives pour améliorer la qualité de vie dans tous les quartiers, favoriser la création d’emplois et développer les services offerts aux Noiséens ». Il explique également que la candidate de l’opposition n’avait pas respecté la procédure et qu’elle avait soumis sa liste d’assesseurs avec 50 minutes de retard sur l’heure légale.
« Si au second tour d’une élection municipale la liste des assesseurs n’est pas ou est déposée en retard, dans ce cas la loi impose au maire de prendre la liste du 1er tour. Il a refusé et c’est pour cela que dans les quinze bureaux de vote il n’y avait aucun assesseur de droite pour contrôler. Des irrégularités ont ensuite été constatées et donc une altération de la sincérité du scrutin » précise Nicolas, militant à Noisy-Le-Grand.
« La démocratie a peut-être un coût, mais elle n’a pas de prix »
Le candidat PS Michel Pajon souhaite de nouveau se présenter avec la même liste. Son 1er adjoint, Michel Miersnan surpris par cette décision indique qu’il va falloir expliquer aux habitants cette situation un peu compliquée et refaire campagne. Il reprécise que la liste d’assesseurs avait été déposée avec 50 minutes de retard et que le service juridique de la mairie l’avait refusée conformément au code électoral. Cependant, il poursuit : « comme nous ne pouvions pas prendre officiellement ces assesseurs de sa liste, nous avions proposé à Mme Marsigny de néanmoins les accepter dans les différents bureaux de vote s’ils se présentaient le lendemain. Il se trouve que dans quinze bureaux de vote des assesseurs ne se sont pas présentés ». Des faits que conteste la partie adverse indiquant qu’ils ont du insister pour que ces assesseurs soient repris au second tour dans les 36 bureaux de vote de cette ville de presque 63 000 habitants et que le lendemain matin dans 15 bureaux de vote, des assesseurs se sont vus refuser l’entrée. Il a ensuite été constaté que ces mêmes bureaux de vote ont par la suite présentés les meilleurs scores en faveur de la liste socialiste de Michel Pajon. Le Conseil d’État a donc décidé l’annulation de l’élection de 2014.
Brigitte Marsigny tête de liste des Républicains assure vouloir repartir avec une liste de coalition avec l’UDI et le Modem. Le 18 juin dernier, un rassemblement à la permanence Les Républicains de Noisy-Le-Grand avait été lancé pour marquer cette victoire et soutenir sa candidature rassemblant des militants de la Seine-Saint-Denis avec quelques élus. Jean Michel Bluteau, Président du groupe Les Républicains au conseil départemental de la Seine Saint-Denis en fait parti : « Cette décision de justice est complètement légitime et désormais inattaquable. C’est une décision de qui ne va pas uniquement dans le sens de la liste menée par Brigitte Marsigny mais surtout c’est une décision de justice qui va dans le sens de la démocratie. L’ancien Maire Michel Pajon déclare que l’organisation d’un nouveau scrutin aurait un coût de 180 000 euros. Je suis désolé, la démocratie a peut-être un coût, mais elle n’a pas de prix. D’autant plus que ce coût ne sera pas pris sur le budget de la ville puisque pendant cette période de tutelle de la Préfecture, les indemnités ne seront pas versées aux élus générant ainsi une économie d’environ 220 000 euros sur trois mois. Cette fois tous les bureaux de vote auront des assesseurs. Il y aura aussi toute la force militante du département qui s’unira pour aider cette ville à montrer aux noiséens que le changement est possible ».
« C’est déplorable ! Je suis ravie de devoir revoter pour arrêter cela ! »
Parallèlement à cette intervention, Brigitte Marsigny rappelle la date anniversaire du 18 juin où le Général De Gaulle lance cet appel à la résistance comme une manière symbolique de relancer à présent sa campagne électorale : « merci à vous tous d’être là sachant que l’arrêt a été rendu hier et que vous êtes là aujourd’hui. Ça augure notre combat futur qui va être très rapide et que nous allons faire dans l’union élégamment. Il va falloir qu’on se mobilise, car on n’a pas beaucoup de temps pour réussir cette élection partielle. On a gagné la première manche, maintenant il va falloir gagner le match. C’est en même temps symbolique dans le sens où jour pour jour c’est également aujourd’hui le 20ème anniversaire de l’élection de Monsieur Pajon à la ville de Noisy-Le-Grand. J’ai demandé cette fois-ci au Maire de faire une campagne à la loyale. A nous à présent de convaincre les Noiséens de la nécessité de ce changement ».
Un peu plus loin, un jeune militant des Républicains, Alexandre qui habite Bondy s’exprime : « nous sommes venus ce soir les jeunes des Républicains de Seine-Saint-Denis pour soutenir Brigitte Marsigny pour faire basculer cette ville à droite. Cela sera un signal très fort au niveau du département pour aussi les autres élections qui vont suivre pour montrer qu’il y a une véritable droite qui existe en Seine Saint-Denis, fief historique de la gauche. On va se battre pour remporter à terme ce département en tandem droite et centre-droite ».
Dans la rue, surpris par ce coup de théâtre, quelques habitants font part de leurs opinions, la plupart étonnés de devoir revoter au bout d’un an. « Le Maire détruit des zones pavillonnaires pour construire des immeubles et accueillir plus d’habitants. C’est déplorable ! Je suis ravie de devoir revoter pour arrêter cela ! » déclare Alain, habitant d’une cinquantaine d’années.  Foued quant à lui, vit dans la commune depuis 5 ans, est plus pessimiste : « cela renforce ce sentiment de scepticisme et ce désamour par rapport à la politique. Le seul perdant dans cette histoire, ça sera notre engagement politique ». Un autre habitant, Khalifa, a une autre opinion : « on a un bon Maire et je sais qu’il sera réélu, car il a fait de bonnes choses pour la ville ». De son côté, Bernard explique : « je pense que ces élections partielles sont une bonne chose. J’ai toujours voté à gauche, mais là je ne vais pas voter à gauche, car je suis déçu de la politique de Michel Pajon dans la ville, car il est désinvolte vis-à-vis des habitants de Noisy-le-Grand et il y a beaucoup trop de bétonnage ».
Cristel Fabris

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