EUROPEENNES 2014. Samedi 12 avril, Europe Ecologie Les Verts s’est rendue à Clichy-sous-Bois (93) pour présenter leur liste auprès des habitants. Plusieurs personnalités représenteront l’Île-de-France : Pascal Durand, en tête de liste, Eva Joly (Eurodéputée sortante), Mohamed Mechmache, fondateur d’AC Le Feu et Nathalie Laville.

En ce samedi ensoleillé, les candidats d’Europe Ecologie Les Verts, EELV, sont partis à la rencontre des clichois au marché pour serrer quelques mains et distribuer des tracts, en incitant les habitants à se rendre aux urnes le 25 mai prochain. En attendant l’arrivée des candidats à l’Espace 93, les dernières retouches sont effectuées. Les premières personnes s’installent. Des serveurs sont réquisitionnés pour la matinée.

La réunion débute vers 12h00, en présence du maire de la ville Olivier Klein (PS) venu accueillir les membres d’EELV. Environ 80 personnes se sont déplacées. Une des thématiques de leur projet est abordée d’emblée : l’accessibilité des fonds européens aux banlieues. « Il y a énormément d’argent, mais malheureusement, il n’est pas aussi accessible que cela pour les petites associations, car elles n’ont pas les reins solides pour y prétendre. Il y a la possibilité de travailler autour de ces questions-là. Comment fait-on pour que l’Europe ressente notre réalité ? », soutient Mohamed Mechmache. Il ajoute : « Nous voudrions une Europe qui ne s’éloigne pas de nos quartiers, car nous en avons le plus besoin. Actuellement, l’Europe continue de donner aux riches. Elle distribue donc en direction des gens qui en ont le moins besoin ».

IMG_20140412_124540

Un autre point a été mis en évidence dans le débat : comment intéresser les citoyens à l’Europe, sur l’organisation des institutions mais aussi sur la manière de monter un dossier d’aide européenne. Pendant cette réunion, le public a pu poser des questions aux candidats. Une jeune femme interpelle les candidats sur une des thématiques qui tient à cœur aux écologistes : « la lutte contre le traité transatlantique ».

Et c’est Eva Joly qui se lance pour expliquer la position de son parti : « Ce traité est un danger. Car il faut bien comprendre qu’un traité entre les États-Unis et l’Europe, cela fait la norme mondiale. Et nous ne sommes pas en position de force pour négocier ce traité, ce n’est pas nous qui allons imposer notre système social. C’est le contraire qui va se passer c’est-à-dire un libéralisme qui sera plus fort. Dans ce traité, les Américains veulent une institution supranationale pour juger les conflits entre une multinationale et un Etat. On a vu dans le passé ce que cela a donné, par exemple le droit à Philip Morris de poursuivre un Etat pour une politique antitabac, car leurs bénéfices avaient chuté ».

Concrètement, cela permettra aux entreprises de porter plainte contre un Etat, s’il le juge nécessaire et qu’il constitue un obstacle à sa stratégie. Mais grâce au traité de Lisbonne, aucun traité, dont celui du transatlantique, ne peut passer sans l’approbation du parlement. Pour Pascal Durand si ce traité est voté se sera quasiment la fin de la démocratie. « Ce traité est très dangereux puisque si les Etats ne peuvent plus prendre de décisions sans pouvoir être condamnés en justice privée, cela ne sert rien de créer des lois ».

Autres enjeux de ces élections pour EELV : faire barrage au Front national et mobiliser le plus grand nombre de personnes pour lutter contre l’abstention. « On a aussi dans nos quartiers un rôle à jouer, les décisions qui se prennent en Europe sont importantes, elles influent sur notre quotidien et si le Front National arrive en tête aux Européennes et deviennent majoritaires, leur influence se fera ressentir au niveau national car les décisions se prennent aussi là-bas » confie Mohamed Mechmache. « Nous avons mis un petit slogan : quand la banlieue agit, l’Europe réagit aussi. Et on l’a démontré dans les différentes élections, quand la banlieue s’est mobilisée et bien la banlieue était capable de faire l’élection » conclue t-il. La balle est du côté des électeurs qui devront aller voter le 25 mai prochain.

Hana Ferroudj

Articles liés

  • Ces citoyens qui misent sur Christiane Taubira pour l’Elysée

    Né sur les réseaux sociaux en juin 2020, le Collectif Taubira pour 2022 prend de l’ampleur. Alors que Christiane Taubira n’est pas officiellement candidate pour la prochaine présidentielle, des comités de soutien fleurissent aux quatre coins de la France. Qui sont-ils ? Quelle est leur stratégie pour emmener l’ex-garde des Sceaux à l’Elysée ? Reportage.

    Par Florian Dacheux
    Le 19/07/2021
  • Départementales : Aly Diouara : « Nos élus ont besoin d’un rappel à l’ordre »

    Le mouvement citoyen Seine-Saint-Denis au coeur a réalisé un score encourageant lors de sa première participation à un premier tour d’élection départementale, le 20 juin 2021. Formé en novembre 2020, il regroupe une cinquantaine de référents répartis dans une quinzaine de villes et désireux de rendre plus accessible la politique aux citoyens. Entretien avec Aly Diouara, candidat et porte-parole du collectif.

    Par Louise Aurat
    Le 25/06/2021
  • À défaut de voter contre, on ne vote plus

    Seul un électeur sur sept s'est rendu aux urnes pour voter lors du premier tour des élections régionales et départementales. Un abstentionnisme annoncé, dont l'augmentation après chaque scrutin local, choque toujours les observateurs et responsables politiques. Des positions souvent inquisitrices, loin de la réalité de l'offre politique face aux besoins qu'imposent l'époque. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 21/06/2021