Le soleil est au beau fixe en ce mardi 27 octobre. Il réchauffe les cœurs des personnes venues rendre un hommage à Zyed et Bouna, décédés il y a quatre ans. Des élus, des responsables associatifs, des amis ont fait le déplacement. Vous parler de cette commémoration n’amènera rien de nouveau sous le soleil. Les deux adolescents ne sont plus de ce monde. Demandons-nous ce qu’il en est des vivants de Clichy-sous-Bois. Des promesses ont été faites s’agissant de la réhabilitation des logements et des infrastructures. Vrai qu’en arrivant dans la ville, on ne peut pas rater les grues qui témoignent des travaux en route. Une crèche par-ci, un commissariat par-là. Des transformations sont en cours. Soit.

S’il reste beaucoup à faire, cependant, en matière d’habitations, les mentalités, elles, donnent l’impression d’avoir changé. « Avant, en bas, il y avait plus de gens qui galéraient toute la journée. Maintenant, regarde, t’en as plus que quelques-uns. Et encore, parmi ceux qui sont là, t’en as qui travaillent », raconte une jeune femme de la cité du Bois du Temple. Les jeunes ne glanderaient-ils donc plus ? « Il y a eu un vrai déclic, poursuit mon interlocutrice. Malheureusement, il a fallu la mort de deux enfants pour que les esprits se réveillent. Mais ça fait plaisir, des fois dans l’ascenseur (ndrl : quand il marche), je parle avec des jeunes de la cité et ils me racontent leur travail. Faut pas croire, ils travaillent dur ! Les choses ont changé dans les têtes. »

Même certains qui ont pris part aux révoltes de 2005 semblent avoir évolué : « Au début, on ne se rendait pas compte, on était en colère, révoltés ! Au final ce n’est pas bien. Tu brûles la voiture de ton voisin, cela ne se fait pas. Aussi c’est nos parents qui nous ont fait comprendre tout ça », dit Demba, 16 ans.

Les choses changent. Mais pas assez vite. Il y a eu des coups de peinture sur les bâtiments mais la misère reste visible et frappe les yeux. Des poubelles dispersées, des portes d’immeubles qui tiennent sur un boulon, des ascenseurs qui ne fonctionnent pas dans des immeubles de 15 étages… C’est dans le quotidien des gens, dans ces petites choses du quotidien qui sont en fait d’immenses choses, que doit commencer la réhabilitation de Clichy-sous-Bois…

Aladine Zaiane

« On n’est pas tous pareils »


Clichy sous bois: 4 ans après
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Vidéo : Aladine Zaiane

Aladine Zaiane

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