Discret jusqu’à présent dans les médias, Emmanuel Macron gardera un souvenir particulier de son passage à Europe 1, hier matin. Ses propos sur l’illettrisme des salariées des abbatoirs Gad ; une bourde de trop ?

Il se voyait déjà en haut de l’affiche… Le petit banquier, fidèle soldat de l’hollandais, débarque avec son cheval blanc dézinguant tous azimuts la finance en l’an 2, selon Saint Walls, récemment sauvé des flammes, de l’enfer et de l’oubli. Stratégie et arrangement ont pris le dessus sur une pseudo confiance renouvelée. Un énième remaniement aurait fait désordre dans l’opinion publique, dans une politique gouvernementale assez instable.

Le petit gâteau granuleux de l’économie est un homme de l’ombre, un homme de confiance. Il n’est pas là pour blaguer mais pour effacer les frasques de son noble prédécesseur. Le thon est donné mais pas le saumon, on se la joue léger, homme du peuple depuis que le rot enragé à lâché le pique sur les sans-dentiers. La valeur sûre chiffrée de l’Élysée a fait mentir son mentor qui voyait en lui une sérénité dans le style.

Mais que s’est-il passé ?

Trois semaines après son entrée en fonction, le macaron est dans la tourmente. Un goût plein d’amertume laisse le soldat alias le «Minister Amer» en s’attaquant au fleuron : Gad. On ne mélange pas l’humour et la finance d’après l’ancien banquier d’affaires de chez Rothschild & Cie. Théâtraliser le métier qu’il a exercé depuis près de 4 ans avec une pub la fait sortir de ses gonds. L’humoriste est dans la ligne de mire avec apparemment le sketch, la blague de trop. Le ministre prend note et sanctionne d’une phrase assassine sur son degré alphabétisation.

Erreur de débutant ou de jeunesse ? Le Minister Amer se lance dans une série d’excuse invoquant le malentendu, mais l’humoriste préféré des français n’a pas mérité même si le sketch était en dessous de son niveau habituel.

« Mon ennemi c’est la finance » disait le corbeau sur son arbre perché . «L’ennemi de mon ami est mon ennemi» prend tout son sens ! Cette façon de penser distingue l’acharnement du corbillat à l’égard du ténor de l’humour. Le dernier-né de la bande s’affirme, les deux pieds dans le plat, en marquant son territoire. La politique est un monde où les prérequis sont la poigne et l’éloquence. Cette mésaventure était une façon de dire haut et fort : l’économie c’est moi !

Lansala Delcielo

Articles liés

  • Au NPA : « on n’est pas idéalistes, on est révolutionnaires »

    Pour son premier meeting de campagne présidentielle, Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste, avait donné rendez-vous à ses soutiens dans le 20ème arrondissement de Paris, jeudi 21 octobre 2021. Enflammés par des slogans de manifestation, les jeunes militants du parti prônent l'utilité des "petites luttes" du quotidien, plutôt que le vote utile, déjà dans toutes les têtes.

    Par Meline Escrihuela
    Le 22/10/2021
  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021