Depuis quelques temps je développe un intérêt particulier au candidat François Bayrou. C’est pourquoi j’ai accepté très volontiers d’aller ce samedi à la maison de la Chimie. Il n’y avait pas que le lieu qui était chic. Les invités aussi. Il y avait des costumes, des cravates, des pulls en cachemire, des pantalons Ralph Lauren, des chaussures bien cirées. Des cheveux soyeux, lisses et bien coiffés. Rien à voir avec le meeting d’Eva Joly au Bataclan. Le public était plus cosmopolite. L’ambiance faisait plus populaire. Pour le coup, le forum du Modem consacré à la solidarité c’était vraiment différent.

En entrant dans le lieu, j’avais l’impression de me retrouver dans une autre France. La France d’en haut. Une France bobo et monocolore. Bon j’exagère un peu mais c’est le sentiment que j’ai eu sur le coup.

Certes, tout ça n’est que du ressenti, à un instant T, je n’ai malheureusement pas fait d’étude sociologique sur les électeurs du Modem. Reste que le manque de jeunes au parti est quant à lui criant. La majorité des militants ont plus de 30 ans. On a l’impression que cette année Francois Bayrou a du mal à séduire les jeunes. Un grand nombre qui l’ont soutenu en 2007 sont partis au Front de gauche, d’autres au Parti socialiste.

Il y a cinq ans c’était différent. Un militant du Modem me l’a très clairement avoué : « Lors de la campagne de 2007 François Bayrou avait une cote de popularité très importante chez les 18-24 ans. Il était le premier. Chez les 25-30 ans il était le deuxième. Aujourd’hui il y a encore des jeunes au MoDem mais il y en a moins qu’avant ».

Le MoDem  traîne cette réputation de parti de  notables. Cela jure avec le discours et les idées de son président qui tendent à rassembler toutes les classes sociales. Parfois j’ai même l’impression que Francois Bayrou est plus à gauche que Francois Hollande concernant le fonctionnement de la société et la manière de garantir l’égalité des chances. Mais sur ce forum, la chose n’était pas très visible.

Manifestement, comme presque tous les autres partis d’ailleurs,  le Modem ne donne pas assez de responsabilités aux jeunes. Le même militant m’explique que c’est regrettable de ne pas pouvoir évoluer dans un parti qu’on aime  alors qu’il y a un tas de jeunes militants qui ont un parcours remarquable. Il poursuit en me disant que chez les Verts par exemple les perspectives d’évolutions sont plus avantageuses.

Mimissa Barberis

Articles liés

  • Burkini, la saison de trop d’une série bien française

    Alors que le conseil municipal de la ville de Grenoble a autorisé en début de semaine les femmes qui portent le voile à nager avec un maillot couvrant, la classe politique s'est déchirée devant la décision. Aux avant-postes, l'État et le Ministère de l'Intérieur qui compte une nouvelle fois empêcher les femmes musulmanes d'accéder à un service public. Nouvelle saison, d'une série tristement française. Édito.

    Par Félix Mubenga
    Le 20/05/2022
  • En Seine-Saint-Denis, la NUPES « vise le strike »

    Le 17 mai, les 12 candidat·e·s de Seine-Saint-Denis de la NUPES ont déposé collectivement leurs candidatures à la préfecture de Bobigny. L'occasion d'affirmer la détermination de la gauche unie de gagner dans toutes les circonscriptions du 93. Mais l'élan Mélenchon retrouve-t-il sa légitimité sur le terrain ? Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 19/05/2022
  • À Aubervilliers, la NUPES se rassemble « pour l’histoire »

    La NUPES - Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale - s'est lancée officiellement à Aubervilliers. Après des jours de négociations médiatisées, les partis de gauche se sont réunis samedi 7 mai en Seine-Saint-Denis pour lancer officiellement la campagne des législatives avec lesquelles ils et elles espèrent transformer l'essai de Mélenchon à la présidentielle. Reportage.

    Par Hadrien Akanati-Urbanet
    Le 08/05/2022