« C’est en nous engageant dès maintenant que nous ferons bouger les choses. Il est important de nous mobiliser pour que l’on ne dirige plus pour nous », déclare Nicolas du haut de ses 18 ans. Encarté depuis 3 ans, il dirige des étudiants militants au parti « Les Républicains » en parallèle à ses études en classe préparatoire.
Passionné de politique depuis ses 12 ans, le jeune parisien a très vite souhaité intégrer ce parti. « Mes deux parents sont de droite. Mon père gagne bien sa vie car il travaille énormément mais paye trop d’impôts », poursuit Nicolas qui nie cependant se plaindre de « problèmes de riche ». « Les pauvres ne le sont pas moins depuis que la gauche est au pouvoir », argue-t-il.
Hyperactif dans le mouvement, Nicolas a convaincu son ami Jean, du même âge, d’adhérer aux « Lycéens Républicains ». Ce dernier est fils d’une éditrice et d’un professeur de philosophie, tous deux à gauche, mais son parcours scolaire lui a inculqué d’autres valeurs.
« Je suis passé du collège Saint-Michel de Picpus à Saint-Mandé au collège Boris Vian classé prioritaire. Là-bas on me traitait parfois de « sale juif » ou de «babtou» », soupire Jean, qui admet s’être alors intéressé aux idées du front national avant de rebrousser chemin. C’est aujourd’hui sans carte qu’il milite.
Nicolas a quant à lui toujours campé sur ses positions. « Le discours de fermeté de l’extrême droite est un atout face à la politique laxiste de la gauche » mais ses dirigeants stigmatisent trop la population. « En pointant toujours des coupables et des points négatifs, on ne donne pas une bonne image », ajoute-t-il.
« Bien que je sois partisan aux idées de la droite, je ne suis pas radical. Je pourrais dire que François Hollande a eu raison sur tel ou tel point. Il a par exemple très bien su gérer les événements de Charlie Hebdo », confesse Jean, plus réservé dans ses opinions que son ami.
Avis divers et pronostics 
Les deux jeunes hommes savent faire preuve de sens critique envers le parti pour lequel ils défendent une idéologie. « Nous préférions le nom de l’UMP. On voit ici l’opération de communication alors que l’on convainc plus par des idées que par des sigles », estiment-ils à l’unisson.
Le responsable de cette opération serait le président du parti, Nicolas Sarkozy. La presse lui reproche souvent un manque de propositions que Jean tente d’analyser : « Si Sarkozy se met à déballer ses idées maintenant, il n’aura plus rien à dire lors des primaires. François Filon risque de se faire piquer sa stratégie car il la détaille trop, trop tôt ».
Alain Juppé semblerait être celui qui se démarque du trio. Nicolas en est convaincu. Il est référent de sa campagne dans la deuxième circonscription de Paris. « Cet homme est une machine intellectuelle, il n’est pas trop vieux. Les anciens peuvent reconnaître leurs erreurs alors qu’un jeune en politique n’a pas assez d’expérience » affirme le juppéiste.
Si les régionales ne sont pas oubliées par Nicolas, l’enjeu des primaires est plus prégnant. Le jeune admet que si Nicolas Sarkozy gagne, celui-ci ne reproduira pas le même schéma que durant son quinquennat : « cette fois, il ira jusqu’au bout des idées de la droite ».
Les deux républicains n’ignorent pas la montée du Front National mais s’accordent néanmoins à dire que Marine le Pen ne gagnera jamais. « Si le Pen est en position de force face à Hollande, je voterai Hollande. Quoique, ça pourrait être drôle, elle ferait tellement de la merde qu’on ne voterait plus pour elle » conclut Jean. La politique est parfois un jeu d’enfants.
Oumar Diawara

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