Cette journée du mardi 14 juin a débuté sur un léger désaccord de chiffres. Les bénéficiaires des différents plans de rénovation urbaine sont-ils 3 ou 4 millions ? A moins qu’ils ne soient 5 millions ? Nous ne saurons pas vraiment mais une chose est sûre, un long chemin a été tracé en sept ans. Les nombres fusent pour prouver les efforts consentis : 2 milliards d’euros investis, 1,3 milliards d’euros de dotations de solidarité urbaine versés aux communes qui en ont le plus besoin, 400 conventions signées avec les villes, 485 quartiers concernés, 220.000 logements réhabilités, des centaines d’immeubles construits… Bref les élus n’ont pas chômé. C’était Le PNRU 1 (Plan national de rénovation urbaine 1).

Maintenant, place au PNRU 2. C’est l’ambition de Maurice Leroy, ministre de la Ville : « Pour rétablir la République, on n’en fait jamais assez ». Et il reste du boulot. Jusqu’à présent, les logements étaient au centre des préoccupations : «  Le nouveau PNRU devra mieux conjuguer humain et urbain ».

Une vidéo choc de l’état lamentable de nos quartiers a été diffusée durant cette première journée des JERU. Des immeubles gris, délabrés, fenêtres brisées, murs tagués, des enfants trainant dans la rue. Suivent les images des logements réhabilités ou construits. Des espaces verts ont remplacé le béton et le ciment. Des ados jouent au foot sur des terrains flambant neufs. Les commerçants sont revenus dans les ex-grands ensembles, les gens n’ont plus peur dans la rue.

Patrick Braouezec, député de Seine-Saint-Denis, nuance un peu ce tableau idyllique : « Il y a des aspects bénéfiques à la politique de l’ANRU, c’est indiscutable. Les élus se sont mobilisés ainsi que tout l’ensemble des acteurs de terrains (organismes HLM, tissu associatif, etc.). Pourtant, il y a toujours une pénurie de logements. Des choses spectaculaires ont été faites mais on n’a pas pu évacuer certains problèmes comme la copropriété dégradée, parfois quatre générations vivent ensemble ». Pour lui aussi, l’aspect social doit primer sur le bâti.

L’environnement des quartiers rénovés a pourtant déjà bien changé. Christian Lambert, préfet de Seine-Saint-Denis, affirme que l’amélioration du lieu de vie est associée dans les 22 communes de Seine-Saint-Denis à « une chute de la délinquance ».

Pour continuer sur cette lancée, l’ANRU devra encore plus mobiliser tous les aspects d’un quartier : le logement, les transports, le travail, les loisirs. Rénover ne signifie pas uniquement reconstruire la pierre mais mettre en place un tissu social propice à une « rénovation » de la vie de leurs habitants. « Pour permettre aux enfants de grandir dans un milieu favorable à leur développement et à leurs études », espère Maurice Leroy.

Le ministre de la Ville remettra en automne prochain ses propositions pour le PNRU 2 au Premier ministre. Espérons que le PNRU 2 n’aura rien à voir avec les mauvaises suites des films américains qui avaient rameuté les foules dans les salles. L’histoire nous a montré qu’une seule très bonne version marche mieux que deux mauvaises.

Sophie Noachovitch

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