La majorité rime aussi avec urne et isoloir. À 18 ans la politique n’est plus un bruit de couloir, trois jeunes électeurs Dyonisiens se livrent avant de sortir leur carte pour la première fois.

Le temps défile à la vitesse de l’éclair ! À 17 ans, il suffit d’attendre un an de plus pour passer dans la cour des grands. On passe du statut de l’ado consterné à l’adulte concerné… Fini le temps des jupons, allez jeunes citoyens venez, votons ! La carte électorale est un billet d’entrée dans un nouveau monde : « la politique », qui est loin d’être celui du magicien d’Oz. Les jeunes électeurs sont des voix de plus dans l’urne, mais aussi des voix qui se font entendre à l’aube des municipales 2014.

Safy, 18 ans, Noisy-le-Sec, L1 Commerce : « Voter c’est en quelque sorte une façon d’exister dans la société, de s’exprimer à une plus grande échelle. Le combat politique en lui-même, ne me concerne pas, car je viens tout juste d’avoir ma carte d’électeur. Le résultat final par contre est plus intéressant à mes yeux car cela changera la politique de la ville et peut-être par la même occasion ma condition de vie. Je connais plus ou moins l’histoire politique de la ville… Pour faire court, Noisy-le-Sec a été pendant très longtemps une ville communiste avec Henri-Marcel Quatremaire. Depuis environ une dizaine d’années c’est une bataille entre une droite unie et une gauche plus modérée » souligne avec intérêt ce jeune électeur. Avant d’ajouter « Aujourd’hui je sais que je ne veux pas d’argument et de fausses promesses, mais plutôt un plan de campagne carré. Je voterai pour une personne qui me semble franche dans ses intentions. Une personne moins dans la séduction et plus dans l’action ».

Belsy, 18 ans, Noisy-le-sec, L1 Santé : « Le fait de voter signifie pour moi, prendre une décision sans que les autres la prennent à notre place, c’est faire un choix » me confie Belsy. « Je ne porte pas d’intérêt à l’histoire politique de ma ville, car je ne me sens pas vraiment concerné par les municipales. Je connais juste les noms des derniers maires qui se sont succédé : Nicole Rivoire (Modem), Alda Perreira-Lemaître (anciennement PS et maintenant Parti Radical de Gauche), Laurent Rivoire (UDI) » me dit-elle avec sincérité. « Pour les municipales 2014 je voterai pour un candidat qui s’intéresse réellement aux jeunes… Quelqu’un qui apporte du concret, en apportant plus de formations, plus d’encadrement, plus de loisirs, de culture…»

Sacha, 18 ans, Montreuil, terminale ES : « Pour certains voter c’est un droit, mais pour moi c’est aussi un devoir ! Il ne faut pas oublier que des gens se sont battus et sont même morts pour le droit de vote. Cela prouve que l’on est bien dans une démocratie et qu’on est libre de choisir ! » livre Sacha avec conviction. « Je sais que dans ma ville, il y a eu un maire communiste pendant très longtemps Jean-Pierre Brard et qu’il était également député de la Seine-Saint-Denis. Le dernier maire en fonction est Dominique Voynet (EELV), mais elle ne se représentera pas pour les municipales 2014 » relance-t-il consciemment. « L’argument qui selon moi fera pencher la balance c’est le programme pour l’écologie des candidats… L’environnement c’est ce qu’il y a de plus important »

Ces jeunes sont loin d’être déconnectés de la politique. Leur premier pas dans la vie de la cité ne semble pas être tremblotant. Chacun semble savoir où aller et compte bien le faire savoir, les 23 et 30 mars 2014. Passer de simples spectateurs à acteurs du monde politique, c’est un peu passer du coq à l’âne, mais sans manger la carotte, car la plupart savent de quoi ils parlent, même si les discours politiques s’éloignent assez facilement des jeunes.

Lansala Delcielo

 

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