L’élection présidentielle arrive à grand pas ! Comme beaucoup d’autres jeunes, ce sera la première fois que je vais voter à la présidentielle. Et pour être honnête avec vous, je suis déjà lassée par ces élections. Je pensais que j’allais être hyper excitée comme mes amis en 2017 qui ont obtenu leur majorité à temps pour la présidentielle. Je ne pensais pas le dire un jour mais je n’attends pas grand-chose de ces élections.

Ça ne veut pas dire que je ne suis pas intéressée par la politique. Je préfère être claire à ce sujet parce que l’on nous rabâche tout le temps que « les jeunes ne sont pas politisés ». Les dernières élections régionales et départementales ont connu un grand taux d’abstention chez les 18-24 ans (87%). Est ce que pour autant ça veut dire que nous les jeunes ne sommes pas intéressés par la politique ? Personnellement ces dernières années je n’ai pas vu ma génération être « dépolitisée ».

Si cette présidentielle me blase à ce point c’est parce que je ne me sens ni représentée ni écoutée par les personnalités politiques actuelles.

Moi je vois une jeunesse qui se révolte contre les injustices sociales, les violences policières, le racisme. Je vois une jeunesse mobilisée contre la crise climatique, contre la précarité étudiante. Ma génération est tout sauf dépolitisée. On aime souvent nous pointer du doigt, en nous reprochant d’être une génération soi-disant fainéante. Mais nos engagements politiques passent trop souvent au second plan des élus en responsabilité.

Si cette présidentielle me blase à ce point c’est parce que je ne me sens ni représentée ni écoutée par les personnalités politiques actuelles. Ils sont déconnectés de la réalité et complètement à la ramasse. Obnubilés par une course à l’extrême-droite dont personne ne semble réaliser ni le danger, ni l’humiliation quotidienne pour une partie d’entre nous.

Comment voulez-vous que l’on prenne au sérieux les hommes et femmes politiques de notre pays avec ce genre de comportement ?

L’année dernière, en pleine crise sanitaire, les étudiant·e·s ont énormément souffert entre les pertes de jobs, d’alternances et les difficultés économiques. Je pense que vous avez tous vu les images des longues files d’attente d’étudiants qui patientent devant les banques alimentaires. À côté de ça, notre chère ministre de l’Enseignement supérieur, Madame Frédérique Vidal, a eu l’audace de commander une enquête au CNRS sur “l’islamo-gauchisme” à l’université.

Il y a aussi Gabriel Attal qui a eu la présence d’esprit d’inviter des influenceurs non étudiants qui gagnent bien leur vie pour discuter de la précarité étudiante dans son « Sans filtre »…  Comment voulez-vous que l’on prenne au sérieux les hommes et femmes politiques de notre pays avec ce genre de comportement ?

Je reste un peu sceptique devant le triste spectacle qui nous est offert.

Les derniers débats présidentiels évoquent très peu la jeune génération. J’ai l’impression, que les candidats à l’élection nous draguent avec leurs mesures. « 5000 euros versés à tous les jeunes de 18 ans » pour Anne Hidalgo,  « un revenu citoyen d’au moins 660 € » pour Yannick Jadot… Plus facile à dire qu’à faire ! Combien de fois on nous a aveuglés à chaque élection en nous promettant la lune ? Derrière on s’est retrouvé avec des miettes.

Certes cette élection reste un rendez-vous politique important. Mais à l’heure où j’écris ces lignes, je reste un peu sceptique devant le triste spectacle qui nous est offert.

Emeline Odi

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