Déjà plus de six candidatures déclarées au PS pour la mairie de Marseille. Pour faire le tri, Terra Nova préconise une primaire afin de désigner le candidat socialiste de 2014.

Quel candidat PS pour 2014 ? Patrick Mennucci, Eugène Caselli, Samia Ghali, Hacen Boukhelifa… La liste est déjà longue et pourtant incomplète. Certains ne se sont pas encore exprimés. Parmi les déclarations encore attendues, on note celles de la ministre déléguée aux personnes handicapées et à la lutte contre l’exclusion, Marie-Arlette Carlotti, et celle de Jean-Noël Guérini. En cas de primaires ouvertes, s’ajouteront les noms d’Henri Jibrayel (EE-LV) et Jean-Luc Bennahmias (Modem). Tous se voient déjà khalife à la place du khalife. Néanmoins, la route est encore longue jusqu’à la mairie de Marseille et un seul parmi tous ces soupirants pourra prétendre à la place tant convoitée.

Un candidat pour le PS, c’est ce que préconise le rapport de Terra Nova publié le 30 janvier dernier, pour rassembler les forces. Et pour sélectionner le candidat, quoi de mieux selon le think tank que des primaires ouvertes pour les villes à enjeu comme Marseille, Paris, Montpellier et Bordeaux. Ce rapport, écrit par Jean-Philippe Thiellay et Mathias Fekl, se présente comme un guide pour les cadres du PS avec notamment un calendrier et des préconisations d’organisation. Pour Mathias Fekl, « les primaires permettent de canaliser les potentielles tensions. En offrant un cadre démocratique et juridique et une légitimité incontestable au vainqueur, elles autorisent une compétition organisée, encadrée et plus apaisée que les traditionnelles compétitions internes des partis politiques. »

Et le cas marseillais ne semble pas l’inquiéter : « Je ne doute pas de toute façon que l’objectif de tous les socialistes marseillais est de gagner en 2014 et qu’ils sauront se rassembler derrière la candidate ou le candidat désigné(e). »

« Organiser une primaire serait suicidaire »

Le principe d’organisation de primaires, la fédération des Bouches-du-Rhône l’a déjà validé lors de son congrès en septembre. Néanmoins, la décision définitive reviendra au bureau national du PS qui ne s’est pas encore exprimé. Une fois le projet entériné, la liste officielle des candidats serait présentée le 1er mars et les deux tours pourraient avoir lieu les 6 et 13 octobre prochain.

Certains sont déjà acquis à la cause comme Patrick Mennucci, mais d’autres sont plus critiques. C’est le cas entre autres du Mouvement des Jeunes Socialistes des Bouches-du-Rhône. Très sceptique, Anthony Krehmeier, porte-parole du MJS 13, explique : « Nous, ce que l’on veut, c’est la victoire de la gauche. Il ne faudrait pas que les primaires se transforment en ring de boxe. » Il s’inquiète des rapports « très difficiles » entre les hommes politiques marseillais et craint qu’ « organiser une primaire [soit] suicidaire ».

Le candidat attendu au tournant

Quoiqu’il arrive, le MJS des Bouches-du-Rhône attend de pied ferme le candidat PS. Déjà au travail, les jeunes socialistes préparent pour juin un Livre Blanc qu’ils soumettront au futur prétendant à la mairie de Marseille. Parmi les grandes thématiques qui seront abordées : le transport, le sport, la santé ou le logement.

Le logement d’ailleurs qui est l’une des principales préoccupations du père Paul, figure de la Belle de Mai, grand défenseur des familles Roms : « Pour 2014, il faudrait qu’il y ait plus de logements sociaux, il y a encore trop de logements insalubres, je le vois dans mon quartier. Le futur maire, selon moi, devra être courageux et s’engager pour aider les gens en difficultés. » Selon le lui, le « vivre ensemble » doit-être une priorité, « il faut arrêter de monter les gens les uns contre les autres. Pour cela, la gauche comme la droite doivent y mettre du leur. »

Si le projet de primaires ouvertes était validé, Anthony Krehmeier estime qu’il faudrait se tenir à différentes obligations pour pouvoir mener à bien cette mission comme « réduire le nombre de candidats, garantir la transparence du scrutin, se ranger derrière un programme politique commun. » Plutôt que des primaires, le MJS 13 souhaiterait « réunir les politiques marseillais autour d’une table et nommer le mieux placé comme cela s’est toujours fait ».

Charlotte Cosset

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