Est-ce que vous soutenez la politique sécuritaire initiée par le gouvernement ces dernières années ?

 J’ai une autre vision de la sécurité sur le territoire national que celle qu’a aujourd’hui notre ministre de l’Intérieur. J’ai des propositions comme remettre les services publics de police dans tous les quartiers, une police de voisinage pour redonner une autre vie aux quartiers. Il y a 470 sites dit « sensibles » au niveau national, il y en a 100 où il faudrait vraiment faire quelque chose.

 Donc il faut redonner une chance à la police de proximité ?

 Il faut redonner une chance. Qu’on l’appelle police de proximité, police de voisinage, police de la tranquillité -pour reprendre les termes de monsieur de Villepin- ou même une police de quartier, voire un service d’ilotage. Dès l’instant où on essaye de rapprocher la police de la population au lieu de l’éloigner.

Que pensez-vous de l’affaire du policier agressé à la sortie du Parc des princes ?

Que le PSG ou le gouvernement prennent des dispositions pour qu’on supprime ces supporters qui sont xénophobes et racistes. Le policier était Antillais, s’il ne protège pas le supporter de Tel Aviv, s’il ne sort pas son arme à la dernière minute, ils auraient été lynchés. Parce que leurs agresseurs sont des fachos !  

Donc la réponse du policier était proportionnée ?

La réponse était en proportion bien sûr, quand vous êtes face à une horde de sauvages, toute une bande de Vikings au crane rasé, presque ivres mort. C’est quoi cette histoire !! Ce sont des xénophobes point à la ligne, je n’ai rien d’autre à rajouter. Parce que le policier est d’origine antillaise. On va lui reprocher quoi ? De pas avoir son brassard de police, d’avoir sorti sa bombe lacriminogène ?  Malgré cela il s’est fait fracasser la tête. C’est honteux !

Vous pensez qu’il y a une ambiance un peu électrique entre policiers, citoyens et supporters de manière générale ?

Non pas du tout, je dirais que le Kop de Boulogne tout le monde le connait, on voit les signes qu’ils font. Quand je vais voir un match de foot ce n’est pas pour me faire casser la figure, que je sois black, blanc ou beur. Je ne vais plus au foot, là c’est plus du sport, je vais voir les matchs de rugby, il y a jamais d’incidents. Le gouvernement a pris des dispositions, une loi qu’il a votée en début d’année, le décret n’est toujours pas sorti. Est ce qu’ils veulent la mettre en application ou quoi ? Je suis pour qu’on supprime ces supporters-là dans les stades.

Vous parlez des mesures du gouvernement, votre syndicat (UNSA) a gagné les élections professionnelles dernièrement. Est-ce que vous avez envie d’impulser une autre politique dans les rapports entre la police par les jeunes des quartiers ?

C’est ce qui m’oppose au ministre c’est que j’ai une autre vision sur la mise en place de la police. Je suis pour qu’on revienne a un service public de police dans tout les quartiers. Aux USA ils sont revenus à la police communautaire, en Angleterre à la police de voisinage et en France on dit qu’il faut éloigner la police de la population. 

Idir Hocini

Idir Hocini

Articles liés

  • Ces citoyens qui misent sur Christiane Taubira pour l’Elysée

    Né sur les réseaux sociaux en juin 2020, le Collectif Taubira pour 2022 prend de l’ampleur. Alors que Christiane Taubira n’est pas officiellement candidate pour la prochaine présidentielle, des comités de soutien fleurissent aux quatre coins de la France. Qui sont-ils ? Quelle est leur stratégie pour emmener l’ex-garde des Sceaux à l’Elysée ? Reportage.

    Par Florian Dacheux
    Le 19/07/2021
  • Départementales : Aly Diouara : « Nos élus ont besoin d’un rappel à l’ordre »

    Le mouvement citoyen Seine-Saint-Denis au coeur a réalisé un score encourageant lors de sa première participation à un premier tour d’élection départementale, le 20 juin 2021. Formé en novembre 2020, il regroupe une cinquantaine de référents répartis dans une quinzaine de villes et désireux de rendre plus accessible la politique aux citoyens. Entretien avec Aly Diouara, candidat et porte-parole du collectif.

    Par Louise Aurat
    Le 25/06/2021
  • À défaut de voter contre, on ne vote plus

    Seul un électeur sur sept s'est rendu aux urnes pour voter lors du premier tour des élections régionales et départementales. Un abstentionnisme annoncé, dont l'augmentation après chaque scrutin local, choque toujours les observateurs et responsables politiques. Des positions souvent inquisitrices, loin de la réalité de l'offre politique face aux besoins qu'imposent l'époque. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 21/06/2021