Une foule prend forme petit à petit sur le trottoir voisinant la place du Président Herriot, à l’Assemblée Nationale. Parmi eux, Mohammed Hakkou. Son objectif ? Dénoncer une Assemblée nationale loin d’être représentative de la population française.

Le jeune trentenaire prend la parole tenant dans sa main, avec Majid Touhami, une photo de l’hémicycle et ses députés. Derrière lui, un public de soutient qui agite les drapeaux français. « L’Assemblée nationale d’aujourd’hui ne représente ni la réalité de la France, ni celle des Français », Mohamed Hakkou dénonce une « forme de reproduction sociale », une Assemblée ne comprenant « aucun élu ayant un handicap, ni d’ouvriers et peu de jeunes ».  Mohamed Hakkou salue « la parité au gouvernement » mais se désole qu’elle ne soit pas dans « les cabinets ministériels ».

Devant un public attentif, Mohamed Hakkou attire l’attention sur le scrutin des législatives, met en garde contre l’abstention « notamment chez les jeunes » et revient brièvement sur son programme avant de conclure « Vive la République des femmes et des hommes amoureux de justice », sous les applaudissements.

Tour à tour, d’autres interlocuteurs prennent la parole , essentiellement des politiques, candidats sans étiquettes dans différentes circonscription tels que Majid Touhami, Farid Debah, Salim Khelif, Abbes Benaissa de Solidarité et Progrès et  Fodé Sylla, ancien président de SOS Racisme) qui le félicite : «  Je suis content que tu aies choisis cette place, celle du Président Herriot » et de finir par une citation de Nelson Mandela « Tout ce que vous faites pour nous mais sans nous, vous le faites contre nous. »

Parmi eux, un jeune homme très attentif. Il souffre d’un handicap moteur aux bras et aux jambes. Il attend beaucoup des futurs députés, « il faudrait aussi aménager les trottoirs et arrêt de bus pour les personnes handicapés… on parle que des gens valides, on est mis à part, on nous a oubliés ». Pour le moment il s’interdit de juger François Hollande, « il vient d’arriver, on peut pas le juger, il faut attendre encore six mois ou un an ».

La prochaine Assemblée nationale sera-t-elle à l’image de la France ? Celle qui y siège depuis 2007 a été estimée la plus vieille de la Ve République. Le changement, c’est maintenant ?

Imane Youssfi

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