« Aidez-moi à réussir ! » C’est l’appel qu’est venu passer Nicolas Sarkozy hier après-midi à Marseille. Pas de doute, le président sortant a enfilé sa tenue de candidat à la présidentielle. Calme, posé mais néanmoins incisif et piquant, il a prononcé un discours d’une  heure environ. La plume d’Henri Guaino a tracé les lignes d’un texte unificateur autour des grandes valeurs de l’UMP (la famille, la nation, le travail, le courage, l’autorité) et s’est appuyé sur les moments difficiles de l’histoire française.

Après une entrée en matière « bucolique » et un bilan de la crise tiré à son avantage, le candidat Sarkozy a abordé plusieurs thématiques clés de la campagne : l’immigration, le financement des aides sociales, le chômage… Beaucoup de paroles mais peu de propositions comme le chante si bien Marine Le Pen. Peu de projets concrets ont été annoncés sauf celui de la mise en place de plus de proportionnalité à l’Assemblée nationale et la volonté de réduire le nombre de parlementaires.

« La France forte » Des valeurs qui semblent réunir puisqu’entre 10 000 et 15 000 personnes se sont rassemblées au Parc Chanot pour ce premier grand meeting. Dans la salle, certains sont venus de loin pour soutenir le candidat, comme cette famille gaulliste de 6 personnes. Il sont fait la route depuis Avignon. Anne-Marie, Virginie et Mireille, trois blondes, trois générations sont fières de voter à droite même si c’est parfois difficile à assumer. Pourquoi ? « Les gens ne comprennent pas toujours, c’est un peu tabou, explique Mireille. On ne s’en fout pas des gens dans la rue et des pauvres. La preuve j’ai 63 ans et je continue à travailler pour ne pas licencier mes employés. »  Et puis le cliché des gens de droite qui sont riches les fait bien rire, « on n’est pas nés avec la cuillère en argent dans la bouche ! »

Elles se sont déplacées à Marseille pour soutenir leur candidat et lui renouveler leur confiance. Virginie, qui travaille dans le secteur bancaire, explique qu’elle trouve intéressant de vouloir former les chômeurs ainsi que de demander son avis au peuple pour les décisions importantes. Anne-Marie revendique haut et fort les couleurs de l’UMP : « On a fait de l’anti-sarkozysme primaire dans les médias. Les réformes sont impopulaires mais c’est pour l’avenir des jeunes. Sarkozy, il est formidable ! » L’important dans cette famille, dont Michel est élu honoraire, ce sont les valeurs de la morale et du travail, l’essentiel « c’est de s’en sortir seul ».

Plus libre que jamais. Michel attend les propositions de « l’homme-surprise ». Mais on en a finalement peu appris sur les projets de Nicolas Sarkozy. Davantage sur ce qu’il ne souhaite pas réaliser. Il refuse de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim, il refuse de légaliser le mariage homosexuel décrit comme une « mode » du temps, il refuse le communautarisme… Si Nicolas Sarkozy n’a pas cité François Hollande, il ne s’est tout de même pas caché pour le critiquer violemment,  « où est la vérité quand on fait semblant d’être Thatcher à Londres et Mitterrand à Paris ? »

Cette campagne, il s’y lance « plus libre que jamais » selon ses mots. « Cette campagne doit être une campagne de vérité » assène-t-il, parce que le candidat Sarkozy se veut être le candidat du peuple. Il a entendu la souffrance des gens. Et il convainc les militants. Son discours est plusieurs fois interrompu par les applaudissements. Selon Latifa, étudiante en droit, « il a été très convaincant. Il a montré qu’il a la force de mener ce combat ». Les Jeunes Pop sont conquis et ont su rappeler qu’on est bien à Marseille en chantant le célèbre Aux armes. Carla Bruni, très appréciée dans le public, a aussi été très applaudie. Nicolas Sarkozy a rappelé qu’il tenterait tout pour revenir au pouvoir en se décrivant comme un homme persévérant : « je suis fait ainsi et je n’ai pas l’intention de changer ».

Charlotte Cosset

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