Après le gros meeting de Nicolas Sarkozy dimanche à Bercy, Ségolène Royal était prévenue, il fallait voir grand pour faire aussi bien que son adversaire. Et pour ce premier mai, fête du travail, le parti socialiste n’a pas chômé. Le défi de remplir le stade Charléty a été brillamment relevé. 16h30, dans le RER, des appels micro annoncent une affluence exceptionnelle, et un stade déjà complet. Malgré ses persuasions, encore un monde fou continue de s’agglutiner vers le stade. Une fois sur place, le public ne peut plus rentrer et du coup, les gens font demi tour, écoutent ce qui se passe de l’extérieur, les bars sont pris d’assaut, certains essaient par tous les moyens de rentrer, même de passer par-dessus la grille. Ma seule chance de rentrer est alors l’entrée presse. Mais idem, complet. L’organisation fait rentrer les journalistes au compte goutte, et tous crient au scandale ! Une bonne centaine de journalistes restent sur le carreau. Certains essaient le chantage en disant qu’ils descendront Ségolène. Ayant pris mes précautions, je m’étais inscrit sur la liste d’accréditation, mais les gorilles à l’entrée me refusent l’entrée car je n’ai pas de carte de presse. Et c’est seulement au bout d’une heure et demie de négociations que je pénètre enfin dans l’enceinte. Le monde qui attend dehors est impressionnant. Le PS annonce près de 40000 personnes à l’intérieur. Il est plus de 18 heures, et ceux qui veulent sortir ne peuvent pas. Les portes restent fermées pour des raisons de sécurité.  

A l’intérieur, on attend impatiemment Ségolène Royal. Pour chauffer le stade, les chanteurs se succèdent : Bénabar, Lenny Escudero, les Têtes raides, Kery James, Cali, Renaud, Disiz la peste, Michel Delpech et Yannick Noah. François Hollande prend son petit bain de foule. D’autres personnalités sont également présentes : Vikash Dhorasso, Jane Birkin, Grand corps malade, Yvan le Bolloch, Philipe Torreton, Emmanuelle Béart. Un couloir est aménagé pour la traversée de Ségolène Royal, ce n’est qu’au milieu qu’elle commence à serrer les mains. L’ambiance est énorme, tout un stade qui crie « Ségolène présidente » ça le fait ! Le discours de Ségolène par contre, je trouve que le ton n’y est pas, un peu mou à mon goût. Beaucoup moins persuasif que Sarkozy, mais ça, les militants, savent très bien en faire abstraction. Le texte est bien sûr très bien préparé avec de jolies phrases.

«Je suis solide, je le savais, mais le courage du combat politique, je l’ai construit avec vous pendant les 18 mois de campagne électorale. Mon courage, c’est vous, mon courage, c’est pour vous, mon projet, c’est vous !… Nous ne sommes pas rassemblés un 1er mai par hasard. Cette date a un sens historique. Elle est la fête de la solidarité et de la demande de dignité du monde ouvrier ! La voulez-vous, cette France qui se relève ? La voulez-vous, cette France souriante ? La voulez-vous, cette France optimiste ? La voulez-vous, cette France qui tend la main ? La voulez-vous, la liberté ? La voulez-vous, l’égalité ? La voulez-vous, la fraternité ? »

Royal et Sarkozy sont les deux candidats des deux plus grands partis, ils savent organiser des shows géants, ils possèdent chacun une très grosse équipe. D’après les sondages, il y aurait une légère avance pour Sarkozy, mais le débat entre les deux prétendants à 4 jours du second tour pourrait être décisif, les dernières cartes vont certainement sortir, et des rebondissements peuvent encore arriver. Ensemble, tout devient possible pour une France présidente. 

Chou Sin

Chou Sin

Articles liés

  • Au NPA : « on n’est pas idéalistes, on est révolutionnaires »

    Pour son premier meeting de campagne présidentielle, Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste, avait donné rendez-vous à ses soutiens dans le 20ème arrondissement de Paris, jeudi 21 octobre 2021. Enflammés par des slogans de manifestation, les jeunes militants du parti prônent l'utilité des "petites luttes" du quotidien, plutôt que le vote utile, déjà dans toutes les têtes.

    Par Meline Escrihuela
    Le 22/10/2021
  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021