Inséparables. Elles déjeunent ensemble, elles travaillent ensemble, et elles répondent aux questions ensemble. Ces deux valentinoises souriantes et à l’accueil chaleureux se sont connues grâce à la Maison Pour Tous du quartier de Fontbarlettes. Sonia, expansive et vive comme la couleur de son pull violet est responsable du secteur famille et Neslihan, la brune à l’air plus réservé, y anime des ateliers pour les femmes du quartier. Sonia est née à Settat au Maroc et arrive en France à l’époque des pavés et des barricades en 1968, âgée de 3 ans. Sa famille s’installe au sud de Pierrelatte, dans un petit village de 300 habitants, Les Granges-Gontardes.

Elle débarque à Valence à l’âge de 18 ans et trouve très vite du travail pour des ateliers qui confectionnent pour Yves Saint-Laurent, Lanvin et Givenchy. Puis, elle épouse un valentinois d’origine arménienne (dont la communauté est importante dans la ville). En parallèle, elle s’investit dans le sport et décroche le titre de championne Drôme-Ardèche de cross !

Arrive le temps de la maternité pour Sonia : Anaïs naît en 1990 puis Thomas, en 1992 . Ses enfants, elle en parle avec des reflets de fierté dans les yeux. Sa fille qui poursuit de brillantes études en école de commerce est en stage aux Philippines et son fils en deuxième année de GEA à Grenoble. Sonia aussi est diplômée. A force de gravir tous les échelons de l’animation, elle a obtenu en 2006 son BPJEPS. Douée pour animer et organiser des événements, elle aime faire se rencontrer les gens.

Votera-t-elle à la présidentielle ?  « Toujours! » répond-telle avec fougue. «  Des gens se sont battus pour ce droit de vote alors j’incite toujours les habitants à s’inscrire sur les listes électorales. D’ailleurs moi le 22, je voterai par procuration ! » Car fin avril, elle prendra part à un voyage qui lui tient à cœur depuis très longtemps, la Palestine, direction Hébron, pour participer à un projet humanitaire.

Sonia parle avec enthousiasme du candidat qu’elle a choisi pour le premier tour et ne tarit aucune éloge… A la même question sur le vote, Neslihan répond avec autant de conviction que Sonia mais une sonorité différente s’échappe de ses cordes vocales : « Socialiste ! ». Et vu l’écho et les décibels, on sent que son cœur est tout acquis au parti à la rose.

D’origine turque, une autre des communautés très représentées sur la commune de Valence, cette maman de trois enfants de 13, 11 et 4 ans, mariée à un artisan, est née et a fondé sa famille dans le quartier de sa vie : Fontbarlettes. Après un BEP vente en poche, elle entame son parcours professionnel dans une usine de placage de métal qui fabrique des flacons de parfum. En 2001, elle effectue ses premières vacations à la Maison Pour Tous. Après un congé parental, cette animatrice dans l’âme, travaille désormais presque à temps plein à la MPT, 30 heures par semaine, à créer du lien et de la cohésion sociale entre les usagers de la structure.

Et Neslihan semble à son tour fière d’expliquer que des amateurs proviennent même de villages plus ruraux situés à la périphérie de Valence et se déplacent malgré la distance jusqu’à la Maison Pour Tous de Fontbarlettes pour participer à des ateliers. La chaleur humaine et la bonne humeur communicative qui émanent d’animatrices comme Sonia et Neslihan y sont forcément pour quelque chose…

Sonia et Neslihan, les collègues de travail complices ne glisseront donc pas le même bulletin de vote dans l’urne le 22 avril prochain. « Pourtant j’aime bien le candidat de Sonia ! », regretterait presque Neslihan. « Mais voilà… Je suis Socialiste. Je n’ai pas le choix…» conclut Neslihan la fidèle. Fidèle à son quartier comme à son parti de toujours…

Sandrine Dionys

Articles liés

  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021
  • Dégoutée, la jeunesse communiste lâche-t-elle Fabien Roussel ?

    Une partie des jeunes militant·e·s du PCF, des JC (Jeunes Communistes) et de l’UEC (Union des Etudiant·e·s Communistes) se sentent trahi·e·s par les dernières sorties médiatiques du candidat du parti Fabien Roussel. Des ruptures déjà ancrées sur des enjeux de société semblent aussi se consolider, dans un choc de génération. Témoignages.

    Par Anissa Rami
    Le 15/09/2021