Elle se refusait jusqu’à présent de dire qui elle soutiendrait. Mais « le moment est historique » dit-elle au Bondy Blog annonçant son soutien à Benoît Hamon. Interview.

Quand on interrogeait Sylvine Thomassin, maire de Bondy (Seine-Saint-Denis) il y a encore quelques jours sur le candidat qu’elle allait soutenir, elle se gardait bien de donner son avis. Encore récemment, elle déclarait qu' »à partir du moment où aucun candidat ne représente les valeurs de Martine, je ne soutiens personne ». D’ailleurs, peu de maires de gauche en Seine-Saint-Denis ont annoncé publiquement leurs choix. Mais les temps ont changé : il y a eu d’abord le Carrefour des Gauches que sa ville a accueilli 26 novembre réunissant à ses côtés Christiane Taubira, Anne Hidalgo, Claude Bartolone, Martine Aubry et qui n’a donné aucune solution à la crise de la gauche ; il y a surtout eu le renoncement inattendu de François Hollande. Aujourd’hui, Sylvine Thomassin annonce finalement au Bondy Blog qu’elle apporte son soutien à Benoît Hamon.

Bondy Blog : Vous disiez encore il y a quelques jours que vous ne soutiendrez personne. Pour quelles raisons avoir changé d’avis?

Sylvine Thomassin : C’est vrai, c’est ce que j’avais dit mais je considère le moment historique au vu de la situation du Parti socialiste en particulier et de la gauche en général. Personne n’est en capacité de dire ce que va donner la primaire, ce que va donner l’élection présidentielle. Moi, je suis une Aubryste depuis toujours mais Martine Aubry est en train de passer la main. Mon choix personnel, c’est de soutenir Benoît Hamon.

Bondy Blog : Pour quelles raisons lui apportez-vous votre soutien ?

Sylvine Thomassin : Pour moi, on ne vote pas  juste pour une personne, une incarnation, on vote pour des idées et un programme. Il n’y a pas de candidat de droit divin comme certains voudraient nous le faire croire. Benoît Hamon est selon moi, le seul, vraiment, à avoir beaucoup travaillé son programme, à développer de vraies idées sur la transformation du travail par exemple, à faire des propositions. Il est sans doute le plus écologiste des candidats. C’est pour moi celui qui arrive à réunir le mieux la gauche sociale et la gauche écologiste.

Bondy Blog : Le candidat de droit divin comme vous dîtes, c’est Manuel Valls ? Pourquoi ne pas le soutenir ?

Sylvine Thomassin : Je ne pourrai jamais soutenir Manuel Valls, ce n’est pas mon ADN. Pour moi, c’est un camarade du Parti socialiste mais il incarne une gauche identitaire, une laïcité punitive et une brutalité de ton que certains appellent « autorité« . Moi je suis pour le dialogue. Je serai toujours pour Jaurès plutôt que Clemenceau.

Propos recueillis par Nassira EL MOADDEM

Articles liés

  • Au NPA : « on n’est pas idéalistes, on est révolutionnaires »

    Pour son premier meeting de campagne présidentielle, Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste, avait donné rendez-vous à ses soutiens dans le 20ème arrondissement de Paris, jeudi 21 octobre 2021. Enflammés par des slogans de manifestation, les jeunes militants du parti prônent l'utilité des "petites luttes" du quotidien, plutôt que le vote utile, déjà dans toutes les têtes.

    Par Meline Escrihuela
    Le 22/10/2021
  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021