C’est dans une ambiance festive que la candidate socialiste de la circonscription regroupant Noisy-le-sec, Romainville et Bondy arrive à la salle des fêtes. Arrivée des plateaux télés des grandes chaînes hertziennes en tant que grande figure du PS, où elle a pu débattre véhément avec celle qui occupe actuellement le Ministère de la Justice, Elisabeth Guigou vient savourer le goût de sa victoire. Une soixantaine de sympathisants l’attendent bras dessus bras dessous. Beaucoup de visages familiers sont présents, notamment le maire de Bondy Gilbert Roger. Forcément, on est content, et soulagé aussi. Certes, au premier tour de cette élection législative, Elisabeth Guigou se trouvait en position de ballottage favorable face à la candidate UMP, Georgia Vincent. Certes, la 9ème circonscription de Seine-Saint-Denis est historiquement ancrée à gauche. Mais l’annonce d’un tsunami bleu, le virage à droite de nombreux fiefs traditionnellement de gauche confirmé le 6 mai dernier et la large victoire du candidat UMP Nicolas Sarkozy en ont fait douter plus d’un durant cet entre-deux tours.

C’est véritablement une double victoire que savoure la députée réinvestie. Non seulement, sur le plan local, elle conserve son siège à la Chambre des représentants, mais au plan national, le Parti Socialiste a su stopper la vague bleue qui menaçait de s’établir avec force. Des phrases reviennent de la bouche des différentes personnes entourant Madame Guigou, « un bon score national, un revers de la droite », « un résultat collectif », pour mieux souligner la demi victoire de la gauche, qui a fait mieux que les estimations des différents instituts de sondages, et la défaite d’Alain Juppé qui sonne tel « un réel avertissement au gouvernement ».

Elisabeth Guigou, un bouquet de roses rouges dans les bras, forcément, est tout sourire : « Je suis ce soir très émue de la confiance que les citoyens m’ont apportée. C’est un score plus que satisfaisant puisqu’il a augmenté de 4 points par rapport à 2002 ». Cinq ans plus tôt, Elisabeth Guigou, opposée à sa rivale de droite Georgia Vincent l’emportait effectivement à 56,4% des voix contre 43,6%. Ce 17 juin, l’écart s’est véritablement creusé puisque l’ancienne Garde des Sceaux l’emporte à 60,25% des voix, loin devant son adversaire qui n’a recueilli « que » 39,75%. Un résultat non négligeable donc : « c’est même mieux que la présidentielle » précise Elisabeth Guigou qui répète qu’elle veut « rendre la confiance que les Bondynois, les Noiséens et les Romainvillois m’ont témoignée dans les urnes ». La soirée se poursuit, les fidèles se mettent au refrain et chantonnent des classiques, de Oh Happy Day à Oh When The Saints. Tout le monde vient embrasser et féliciter la candidate qui n’en n’est plus une puisqu’elle a gagné. Demain, il faudra se mettre au travail. Le gouvernement prévoit un chantier important pour l’été. L’opposition relativement confortée parviendra-t-elle à se faire entendre sur des dossiers aussi sensibles que controversés comme l’augmentation de la TVA sociale ?

Hanane Kaddour

Hanane Kaddour

Articles liés

  • Ces citoyens qui misent sur Christiane Taubira pour l’Elysée

    Né sur les réseaux sociaux en juin 2020, le Collectif Taubira pour 2022 prend de l’ampleur. Alors que Christiane Taubira n’est pas officiellement candidate pour la prochaine présidentielle, des comités de soutien fleurissent aux quatre coins de la France. Qui sont-ils ? Quelle est leur stratégie pour emmener l’ex-garde des Sceaux à l’Elysée ? Reportage.

    Par Florian Dacheux
    Le 19/07/2021
  • Départementales : Aly Diouara : « Nos élus ont besoin d’un rappel à l’ordre »

    Le mouvement citoyen Seine-Saint-Denis au coeur a réalisé un score encourageant lors de sa première participation à un premier tour d’élection départementale, le 20 juin 2021. Formé en novembre 2020, il regroupe une cinquantaine de référents répartis dans une quinzaine de villes et désireux de rendre plus accessible la politique aux citoyens. Entretien avec Aly Diouara, candidat et porte-parole du collectif.

    Par Louise Aurat
    Le 25/06/2021
  • À défaut de voter contre, on ne vote plus

    Seul un électeur sur sept s'est rendu aux urnes pour voter lors du premier tour des élections régionales et départementales. Un abstentionnisme annoncé, dont l'augmentation après chaque scrutin local, choque toujours les observateurs et responsables politiques. Des positions souvent inquisitrices, loin de la réalité de l'offre politique face aux besoins qu'imposent l'époque. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 21/06/2021