La petite partie de campagne en Bresse, de Montebourg et Hamon ayant fortement déplu au Président et à son premier ministre, le gouvernement a fait portes ouvertes pendant 2 jours avant de les refermer sur les doigts des dissidents.

En entendant les noms des nouvelles personnes entrant au gouvernement je me demande : François Hollande a-t-il trompé son électorat comme il a trompé Valérie ? Souvenez-vous : « mon ennemi c’est la finance » et voilà que nous avons un banquier comme ministre de l’Economie [Emmanuel Macron].

Mais soyons positifs, ce gouvernement Valls II est plein de fraîcheur. Des ministres jeunes, des femmes, à des postes importants : Vallaud-Belkacem à l’Education, Pellerin à la Culture. Mais j’ai l’impression qu’il s’agit de nominations par défaut. L’impression que tout le monde a fui ce gouvernement comme la peste. Président du parti radical de gauche, écologistes, personne n’a voulu en être. Et on en est presque à se demander : c’est quoi le problème ? Savent-ils seulement ce qu’ils font ?

J’entends ici et là qu’Hollande croit que la croissance va revenir toute seule. Mais je vois seulement qu’il ne sait pas ce qu’il fait. La France m’apparaît comme un coq à qui l’on aurait coupé la tête et qui court dans tous les sens.

Latifa Oulkouir

 

La première année du quinquennat a été une grande déception pour moi, non seulement car j’y croyais « au changement », mais surtout parce que j’avais voté pour ce changement. Au début on essaye de se rassurer, on se dit « Allez c’est la première année, la droite a laissé beaucoup de boulot, il faut leur laisser du temps ». Justement plus le temps passe et plus la déception s’agrandit. La deuxième année, je m’aperçois que je ne suis pas le seul à ne plus croire en ce gouvernement.

Il y a quelques mois on assistait à un remaniement, et même là, l’espoir du changement était toujours présent, au fond de nous, malgré tout. Et là août 2014 : retour des vacances, grisaille et pluie parisienne, réception des impôts, un sentiment partagé entre la rage, la haine et la colère. On ajoute à tous ces ingrédients, une grosse bombe : un deuxième remaniement. Le moral des français est au plus mal, ce sentiment d’être gouverné par personnes ou par des « incapables », c’est peut être dur, mais c’est ce que pensent beaucoup de Français, des banlieusards, des citoyens, des jeunes, des plus vieux, des gens qui ont voulu croire comme moi au changement ce jour de mai 2012, et qui aujourd’hui se sentent abandonnés par un gouvernement qui manque d’autorité, de cohésion, de cohérence.

Mais ce qui frappe surtout dans ce gouvernement c’est l’instabilité ministérielle qui inquiète pour l’avenir. Combien de ministres va-t-il falloir changer encore ? Combien de fois ? La situation est grave, comme si ce nouveau gouvernement allait rassurer les Français, un nouveau gouvernement où tous ceux qui n’étaient pas d’accord avec les chefs sont partis. Il y a un bien un problème quelque part. Moi je suis pas rassuré par l’annonce du nouveau gouvernement, je crains même le pire…

Mohamed Mezerai

 

En cette fin du mois d’août, les aoûtiens reviennent le cœur serré : non pas à cause de l’été qui s’achève, ni des intempéries, ni des rythmes scolaires qui donnent des sueurs froides à tout le monde.

Non il y a du changement dans l’air ! Sa Majesté l’éléphant des mers a frappé pour la énième fois sur la banquise après une valse endiablée. Elle se danse en 2 temps, 3 mouvements et fait écho au gouvernement. En Hamon, le capitaine du navire de l’Éducation coule en laissant la frégate à Najat Vallaud-Belkacem. Elle hérite d’un navire au bord de l’implosion, qu’on se refile de main en main comme des cartes à jouer Panini.

Pendant tout ce temps, les choses fleurissent du côté de la Culture avec la venue de Fleur Pellerin. Dans une famille un laissé pour compte, un inconnu au bataillon qui essaye tant bien que mal de faire son trou à l’image de Emmanuel Macron affecté à l’Économie. Pendant ce temps sur la banquise, Sa Majesté l’éléphant des mers, ressasse encore et encore : « le changement c’est maintenant », mais si c’est toutes les semaines, je ne vois pas l’intérêt. On dit que l’amour dure trois ans et qu’un poste ministériel quelque mois !

Lansala Delcielo

 

On devrait réécrire « l’Elysée, coulisses et secret d’un palais ». A la lettre r, comme remaniement.  Il faudrait raconter comment, mine de rien, cette fin d’été 2014 préfigure une version mal revisitée de 1976, toi Manuel, à la place de Jacques. Et puis, ça sent la nostalgie aux finances, on en arrive à recycler un ministre des années 90. Si ça se passe mal, pas besoin de chercher bien loin François Fillon t’a déjà ouvert la voie en 2010, t’as encore une troisième chance. Ce sera l’occasion, pour Arnaud Montebourg de sortir ses popcorns made in France. Mais ne t’en fais pas, Jean-Michel Baylet ne t’aura sûrement pas oublié, lui.

Un deuxième gouvernement qui se voulait pourvoyeur de clarté et qui ramène surtout des interrogations. On désacralise les fonctions ministérielles, on les dévalorise aussi. Parce que, dans l’opinion, pseudo-remaniement rime avec pseudo-changement. Ceux qui restent vont s’écrouler dans les sondages encore plus vite, et les autres, les verts entre autres, reviendront en 2017, la fleur au fusil.

Alors à tous ceux qui prétendent que Christiane Taubira propulse l’extrême droite, je crois que je répondrai simplement que l’extrême droite est propulsée par ceux qui ne savent pas partir, et par ceux qui n’ont jamais appris à ne pas revenir.

Anne-Cécile Demulsant

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