Rupture du système de chauffage au lycée Mozart du Blanc-Mesnil, violences répétées au lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, sur-occupation au lycée Rousseau de Sarcelles ou au lycée Balzac de Mitry-Mory, dysfonctionnements majeurs au lycée Robert-Schuman de Charenton ou à Jacques-Feyder à Epinay-sur-Seine, équipements vétustes et sentiment d’insécurité au lycée Christophe-Colomb de Sucy-en-Brie, gymnase impraticable au lycée Geoffroy-Saint-Hilaire à Étampes, demi-pension en panne au lycée Romain-Rolland d’Ivry-sur-Seine …

Le moins bien doté des lycées parisiens reste mieux doté que tous les établissements de banlieue

Cette liste, loin d’être exhaustive, dresse une situation au bord de la rupture dans nombre de lycées des quartiers populaires. Le sentiment d’un enseignement à deux vitesses, d’une discrimination territoriale, déjà à vif avec le tri social et territorial effectué par Parcourssup, se renforce. Il est perceptible, palpable et injuste. Les annonces de la suppression de 1 800 postes dans l’Education nationale par le ministre Jean-Michel Blanquer font craindre que cette rupture d’égalité de traitement se renforce entre les établissements franciliens. Le moins bien doté des lycées parisiens reste toujours mieux doté que tous les établissements de banlieue. Les mobilisations d’enseignants soutenues par des lycéens et des parents se multiplient.

En Ile-de-France, au désengagement de l’Etat, s’ajoute celui de la région présidée par Valérie Pécresse

Tous ceux qui ont vécu la rentrée 2018 savent que le refrain d’une rentrée idéale chantonnée par Valérie Pécresse sonne faux. Comment peut-on se féliciter d’une rentrée réussie comme lors de l’inauguration d’un lycée à Courbevoie qui accueillera les enfants des cadres de l’Agence bancaire européenne quittant Londres suite au Brexit ? Comment peut-on affirmer cela alors que, pour beaucoup, la rentrée est déjà synonyme de problèmes et que l’année scolaire s’annonce chaotique ? Comment la droite régionale peut-elle ajouter que jamais autant n’a été fait pour les lycées alors que, depuis trois ans, la dotation globale de fonctionnement de la région Ile-de-France pour les lycées publics a baissé de plus de 20 euros par élève ? C’est la capacité même de trop de lycées à mener correctement les missions de service public d’éducation qui est posée. En Ile-de-France, au désengagement de l’Etat, s’ajoute donc celui de la région présidée par Valérie Pécresse.

Amendements pour rénover les lycées et recruter

Depuis près de 3 ans, nous, conseillères régionales et conseillers régionaux du groupe Front de gauche à la région, relayons, par le biais d’amendements, les difficultés en proposant des engagements concrets et financiers. Ce sera, à nouveau le cas, ces 19 et 20 septembre prochains lors d’une séance du Conseil régional durant laquelle nous porterons un amendement à hauteur d’1 million d’euros pour engager les travaux nécessaires au lycée Mozart du Blanc-Mesnil et un deuxième de 500 000 euros pour remplacer la clôture qui entoure le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis et pour recruter du personnel chargé de la prévention et de la médiation. Nous demanderons également à Valérie Pécresse de revoir ses priorités pour les lycées, d’engager un véritable plan d’urgence issu d’une concertation avec les communautés éducatives et les collectivités locales, d’établir un calendrier des travaux et des constructions et de réclamer des moyens supplémentaires à l’Etat dont la dotation régionale pour les équipements scolaires est gelée depuis près de 10 ans.

Pour les lycéens franciliens, c’est la double peine. L’Etat et la Région, Jean-Michel Blanquer et Valérie Pécresse, très proches idéologiquement, dessinent une scolarité privilégiant les lycées prestigieux au rayonnement international et les lycées privés, délaissant les quartiers populaires et désossant le service public de l’éducation. Dans ces mêmes quartiers, élu.e.s, enseignant.e.s, agent.e.s techniques, élèves et parents d’élèves, nous devons unir nos forces pour que nos enfants puissent enfin bénéficier d’un apprentissage de qualité et étudier dans des conditions dignes.

Céline MALAISE, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente du groupe Front de gauche

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