Sur invitation de la député de Seine Saint Denis, Elizabeth Guigou, j’ai pu participer à la dernière séance des questions au gouvernement, le mercredi 28 juin. Arrivée devant l’Assemblée, j’ai été surprise par le nombre de jeunes faisant la queue surtout par cette chaleur. Avant d’entrer dans la salle, sécurité oblige, tout est minutieusement contrôlé par rayons X, détecteur de métaux. On nous demande la photocopie de la carte d’identité et on dépose au vestiaire les sacs, vestes et surtout, le plus important, la règle d’or : Interdiction de prendre avec soi téléphone portable, appareil photo, caméra ou tout autre chose capable de prendre du son et de l’image. Alors vous pensez, prendre à manger : impossible !

Après ce parcours du combattant dernière étape, une hôtesse vous indique en fonction de votre député l’escalier que vous devez prendre : J pour nous (c’est pour que nous puissions faire face à de notre député). Après avoir passé toutes ces épreuves vous pensez enfin pouvoir entrer dans la salle, assister à la séance, mais … une hôtesse vous stoppe et vous indique les dernières recommandations. Ainsi avec une voix douce et calme mais ferme elle vous annonce « Madame, Monsieur, vous ne devez pas parler entre vous, ne pas faire de signes distinctifs vers votre député ou tout autre député. En clair rester immobile et ne pas l’ouvrir. Je me disais qu’à Fresnes, j’aurais plus de libertés….


« Je vous souhaite une bonne séance » nous dit enfin la jeune femme en nous laissant passer.

Enfin la séance commence et les députés affluent dans l’hémicycle dans un boucan d’enfer. On croirait voir des collégiens rentrant en classe. Ces derniers ne s’arrêtent que lorsque le président de l’Assemblée Nationale, son Eminence Jean-Louis Debré, du haut de sa tribune déclare la séance ouverte et adresse, au nom de « toute l’Assemblée » et du gouvernement, ses « voeux » de réussite à l’équipe de France de football pour leur prochain match, en quart de finale du Mondial 2006 contre le Brésil.

« Nous sommes très heureux des résultats obtenus mardi soir par l’équipe de France contre l’Espagne », a affirmé M. Debré en ouvrant la séance des questions au gouvernement. La séance commence bien, c’est bien rare qu’il y ait consensus à l’Assemble surtout après une année parlementaire agitée comme celle que nous venons de vivre. Entre l’article 4 de la loi sur le rôle positif de la colonisation qui a été abrogé, le remplacement de l’article sur le CPE où pour la première fois un Président de la République promulguait un texte de loi indiquant qu’il ne devait pas être appliqué, l’année avait plutôt été chargée.

Avez-vous vu les images de l’hémicycle ces derniers temps ? On se croirait dans une cour de récréation avec des gosses qui vont se taper dessus ! Quelle belle image et quelle belle représentation nous offrent nos députés !

Tous se plaignent de leur opposition à travers des affaires telles que Clearstream ou autres leurres…. mais tous devraient désormais avoir honte ! On a parfois évité la bagarre de justesse cette année, notamment lorsque De Villepin a traité Hollande de lâche.

 

Il était vraiment temps que les vacances arrivent !


Je trouve en effet inexcusable l’attitude des députés dans l’Assemblée Nationale. Trouvez vous normal en effet le brouhaha qui règne dans cette assemblée personne n’écoute personne, ils se battent comme des chiffonniers. Ils ne font que se rejeter la pierre plutôt que d’affronter les problèmes et tenter de les résoudre en discutant vraiment.


Et je ne parle pas de ceux qui prennent l’assemblée pour un dortoir, ceux qui lisent leur journal, ou ceux qui je soupçonne de n’être venus que parce que la séance du mercredi est retransmise sur France 3 ! Au lycée, on nous met à la porte pour moins que ça.

Faut-il s’étonner que les Français s’écartent de la politique, quand il suffit d’allumer la télévision pour voir à quel point nos hommes politiques sont irresponsables ?

Par Sada Fofana

Sada Fofana

Articles liés

  • Au NPA : « on n’est pas idéalistes, on est révolutionnaires »

    Pour son premier meeting de campagne présidentielle, Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste, avait donné rendez-vous à ses soutiens dans le 20ème arrondissement de Paris, jeudi 21 octobre 2021. Enflammés par des slogans de manifestation, les jeunes militants du parti prônent l'utilité des "petites luttes" du quotidien, plutôt que le vote utile, déjà dans toutes les têtes.

    Par Meline Escrihuela
    Le 22/10/2021
  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021