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« L’un n’empêche pas l’autre. » Fabien, militant de 27 ans, joue tranquillement aux échecs en plein cœur du rassemblement pour la Palestine. Ce dimanche 25 mai, il est venu apporter son soutien avec un autocollant « Free Gaza » sur le bras, une pancarte en carton à ses pieds  : « Palestine vivra, Palestine vaincra  ». 

À l’initiative de cette manifestation, on retrouve de nombreux collectifs et organisations : Lutte Ouvrière, La France Insoumise, l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), International Solidarity Movement (ISM France), l’Association France Palestine Solidarité (AFPS)… Mais aussi le collectif Urgence Palestine qui est sous le joug d’une procédure de dissolution.

Lire aussi. Gaza : « Nous observons clairement l’instrumentalisation de l’aide humanitaire pour en faire une arme de guerre »

Tous ont appelé à cette mobilisation pour dénoncer les bombardements sur Gaza et réclamer des sanctions contre l’État israélien. Selon la préfecture de police de Paris : ils étaient 4 000, sans doute bien plus pour les organisateurs.

La place de la République, depuis des mois, se pare de drapeaux aux couleurs de la Palestine. Et à chaque rassemblement le bilan humain s’alourdit. Depuis le 2 mars, l’aide humanitaire est bloquée par l’armée israélienne provoquant « une dégradation sanitaire fulgurante » pour des millions de Palestiniens, alertent les ONG.

Les médias pointés du doigt

Sur la place de la République, Mathieu*, le précise d’entrée, il est professeur des écoles. Il n’hésite pas à se faire prendre en photo.« Je ne vois pas de problème à ce qu’on me voit », sourit-il en brandissant une pancarte où l’on lit : « Vous avez du sang sur les mains ». L’enseignant porte un regard révulsé sur la couverture médiatique de ce qu’il se passe à Gaza.

« Les journalistes ont une véritable responsabilité sur ce qu’il se passe aujourd’hui, ils minimisent ce qui se passe par leurs mots et leurs chiffres  », déplore-t-il en soupirant. « À la télé, on va encore nous faire passer pour des antisémites alors que l’UJFP est juste là. »

« Nous sommes tous des enfants de Gaza ! »

Sous un soleil timide, les manifestants scandent des slogans, brandissent des pancartes, des photos, des drapeaux, chantent ou applaudissent pour se faire entendre. Des keffiehs de toutes les couleurs ornent les têtes ou couvrent les épaules. Une affiche montre des enfants emmaillotés dans des linceuls, sous le slogan : « Ce sont nos enfants ». Une pancarte dénonce plus loin : « Journalistes, vos choix sémantiques, nos morts ».

Le drapeau algérien émerge avec fierté dans la foule au milieu des drapeaux palestiniens. « L’Algérie a soutenu, depuis le départ, la Palestine », sourit avec fierté un militant franco-algérien Le drapeau algérien « à sa place », affirme t-il avec conviction.

Les chants Palestiniens remplissent la place

Près de la Marianne de la République, un stand accueille des prises de paroles. À tour de rôle, les voix s’élèvent. Des discours politiques, des slogans et parfois des pleurs. Le micro est donné à qui souhaite s’exprimer. Asma a 10 ans, elle est arrivée en France il y a une vingtaine de jours. Cet enfant palestinienne revient de Gaza. Le micro serré entre ses mains elle entonne un chant palestinien.

Parmi les manifestants, la plupart sont venus en soutien sans être affectés personnellement. Une manifestante explique sa présence en des mots simples : « Pour l’humanité ». Ses deux autres amies acquisent.

Nos actions sont certes petites, mais c’est mieux que le silence face à ce qui se passe

« Nos actions sont certes petites, c’est très minime mais c’est mieux que le silence face à ce qui se passe », insiste Clara. Pour elles, la situation à Gaza est alarmante. « On se dirige vers un génocide, et tout le monde est au courant. »

Elles dénoncent la banalisation des horreurs de la guerre sur les réseaux sociaux. « Voir ça sur les réseaux, c’est la réalité d’aujourd’hui », souffle Anaïs*, travailleuse sociale.

Un rassemblement entouré par la police

Des dizaines de jeunes militants ont escaladé la Marianne qui se retrouve couronnée d’un keffieh noir et blanc. Les fumigènes des manifestants couvrent la place d’un nuage orange, vert et noir. Vers 19 heures, la police disperse la foule, les manifestants, des automobilistes klaxonnent et les bruits de moteurs de scooters soutiennent les “Free Palestine”. Après s’être fait interpellée à cause de son keffieh, une manifestante s’écrit : « On peut porter ce qu’on veut, non ? On est en France ! » 

Perché sur la Marianne de la République, un jeune lance une minute de silence pour les civils morts.

Halima Taieb Amara 

*Les prénoms ont été modifiés



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