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Pendant près de cinq mois, les bâtiments A et B de l’Université Paris 8 de Saint-Denis ont été occupés par près de 200 exilés accompagnés par des étudiants et des militants. Tous ont été expulsés au petit matin ce mardi 26 juin.

Ces exilés, qui venaient de camps de fortune de la capitale où ils survivaient par des températures glaciales, sont originaires du Soudan, d’Erythrée, d’Ethiopie, de Côte d’Ivoire, de Guinée, du Tchad, d’Egypte ou encore du Maroc. Pendant cinq mois, ils ont ainsi partagé les salles mises à disposition par l’université Paris 8. Depuis le 30 janvier, ils occupaient les deux bâtiments A et B du site dionysien avec l’accord de la présidence de l’université. Dans ces locaux, ces réfugiés avaient trouvé une organisation, aidés par des militants associatifs et des étudiants : ils mangeaient et dormaient sur place et recevaient même des cours de français.

Toute la semaine précédente, P8 comme on l’appelle communément, a vécu sous tension. L’expulsion était déjà considérée comme imminente dimanche 17 juin par les occupants et leurs soutiens, chacun se tenant prêt avec l’organisation de tours de garde pour la surveillance des lieux durant la nuit. Selon les occupants, l’évacuation aurait été « annulée au dernier moment« .

Finalement, l’expulsion aura eu lieu une semaine plus tard, mardi 26 juin, très tôt dans la matinée, aux alentours de 4h40. Un appel avait été lancé par les militants en début de soirée sur les réseaux sociaux pour demander du renfort. Cependant, la mobilisation était moins importante que la semaine passée. De leurs côtés, les forces de l’ordre étaient nombreuses : plusieurs dizaines de RS étaient mobilisés.

Selon l’AFP, citant une source proche du dossier, « la décision d’évacuation a été accélérée après le découverte de cas de gale parmi le personnel de l’université, dont certains ont demandé lundi à exercer leur droit de retrait ».

Sur place, plusieurs cars de CRS avaient pris place. Devant l’université, près du métro « Saint Denis Université » de la ligne 13, un groupe de soutien aux exilés montait la garde.

Les soutiens aux exilés refusaient le tri des personnes sans-papiers en les protégeant par des barrières humaines.

Sur la terrasse du bâtiment A, près de 200 personnes se sont regroupées, scandant « freedom », très vite encerclées par les CRS. Là, la nasse a duré plus de trois heures. De l’intérieur du bâtiment A, des cris ont retenti, le couloir étant impraticable car bondé.

Les personnes mobilisées ont été contraintes de reculer contre un mur, compressées par les boucliers. Des gaz lacrymogène ont été lancés sur la foule, parfois à bout portant sur les personnes situées les plus à proximité des CRS.

 

Les CRS y ont effectué un tri en extirpant de force les personnes visiblement sans papiers à leurs yeux, au simple faciès : seules des personnes noires étaient ciblées par les forces de l’ordre. Les CRS ont ensuite effectué une vérification d’identité des personnes restantes, une par une.

Un bus a quitté le site aux alentours de 7h. Les exilés devaient être amenés dans un gymnase au Raincy, Seine-Saint-Denis, pour une prise en charge administrative. L’évacuation a pris fin vers 9h. Selon la préfecture de Seine-Saint-Denis, « 194 migrants ont été pris en charge par les services de l’Etat tandis que 160 autres occupants illégaux ont également été évacués« .

Le soir, ver 18h, un rassemblement en soutien aux exilés expulsés de Paris 8 s’est tenu devant la Basilique de Saint Denis rassemblant une centaine de personnes.

Amanda JACQUEL

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