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Il est huit heures du matin. Dans cet hôtel francilien, des femmes s’activent déjà. Dans le hall, une agente d’entretien nettoie le rez-de-chaussée pendant que le bruit des aspirateurs résonne dans les espaces communs. Un peu plus loin, une employée prépare son chariot : aspirateur, balai, sacs-poubelle et produits d’entretien sont prêts.

« On continue comme d’habitude. » Pour Natalia*, employée d’entretien depuis cinq ans, les épisodes de canicule ne changent rien aux tâches à accomplir. Les chambres doivent être nettoyées et les délais respectés. Mais lorsque les températures grimpent, le travail devient plus éprouvant et le rythme ralentit inévitablement.

Une chaleur qui ralentit le rythme

Cheffe d’équipe depuis deux ans, Ivana le constate chaque été.  « Les filles travaillent plus lentement », explique-t-elle. Elle-même commence sa journée dans des conditions difficiles. Sa voiture de fonction n’est pas équipée de climatisation et elle enchaîne les déplacements entre plusieurs établissements, souvent dans les embouteillages. « Nous ne pouvons pas télétravailler comme d’autres salariés », rappelle-t-elle.

Face à ces conditions, les employeurs sont tenus de mettre en place certaines mesures de prévention. Si le Code du travail n’impose aucune température maximale au-delà de laquelle il est interdit de travailler, il prévoit notamment la mise à disposition d’eau potable fraîche, l’adaptation de l’organisation du travail ou encore des pauses supplémentaires, selon les situations.

La chaleur pèse aussi physiquement sur les équipes. Lors des heures les plus chaudes de la journée, Natalia raconte s’être déjà sentie mal. Pour continuer, elle s’accorde quelques minutes de pause, se rafraîchit le visage et boit régulièrement de l’eau avant de reprendre son travail. « Rien ne peut vraiment changer cela », estime-t-elle.

Des aménagements encore limités

Les conditions de travail varient toutefois d’un établissement à l’autre. Dans certains hôtels, les chambres climatisées offrent un peu de répit aux équipes. Ailleurs, la chaleur s’accumule rapidement. Karina, employée dans un hôtel où certaines chambres ne sont pas climatisées, décrit des espaces particulièrement difficiles à supporter. « Plus on monte, plus il fait chaud », résume-t-elle. Les salles de bain, souvent fermées et dépourvues de fenêtres, deviennent rapidement étouffantes.

Les produits sont déjà très forts en temps normal, alors avec la chaleur, c’est encore plus compliqué

À ces températures s’ajoute l’utilisation quotidienne de produits ménagers, dont les effets sont accentués par la chaleur. « Les produits sont déjà très forts en temps normal, alors avec la chaleur, c’est encore plus compliqué », explique Ivana.

Pour limiter les conséquences de la canicule, certains établissements ont mis en place quelques aménagements. Des fontaines à eau sont mises à disposition des salariés et, dans certains cas, les étages les plus exposés au soleil sont temporairement fermés afin de préserver aussi bien les employés que les clients.

Ces mesures permettent d’atténuer les effets de la chaleur, sans faire disparaître les difficultés. Pendant que certains peuvent adapter leur façon de travailler, les équipes de ménage, elles, continuent d’assurer leurs missions, quelles que soient les températures.

Aïssatou Samassa

*Tous les prénoms ont été modifiés.

Cet article est le premier reportage d’Aïssatou Samassa, réalisé dans le cadre de son stage de seconde au Bondy Blog.

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