Sur tatami, devant des sacs de frappe, une vingtaine de sportifs trottinent en cercle. Montés de genoux, talons-fesses, pompes, scrawls (mise au sol, et relevé rapide, ndlr). Salahdine Parnasse se tient au milieu, donnant le ton, avec bienveillance, mais précision. Surnommé le “Mbappé du MMA”, a 25 ans, il est le double champion poids léger et poids plume du KSW, une des meilleures ligues européennes de MMA.

Le 16 décembre prochain, il tentera de conquérir un troisième titre, chez les poids mi-moyens. Jamais dans l’histoire des arts martiaux mixtes, un combattant n’est parvenu à être champion dans trois catégories différentes.

Avec, à ses côtés, son entraineur de toujours Atch’ qui a donné le nom à son club, il répond aux interrogations des personnes venues le rencontrer. Tous veulent savoir et percer à jour les secrets du prodige Salahadine. « Que mange-t-il ? », « Combien d’entrainement par jour ? », « Peut-il aller encore plus loin ? »

Un sportif rigoureux

Son entraineur l’a vu entrer dans sa salle à l’âge de 11 ans. Il le répète :  « Il n’y a pas de secrets, il faut travailler comme il a travaillé ». Le champion, originaire d’Aubervilliers, s’entraîne deux fois par jour, du lundi au samedi. « J’en connais beaucoup des sportifs de haut niveau, mais jamais avec autant de rigueur », félicite son coach. Fier de sa progression et de sa réussite, il souhaite montrer au monde entier que son club est  « capable de former un gamin et de le mener jusqu’en haut ! »

Le stage se poursuit deux par deux avec une initiation au grappling, une phase de combat au sol, inspiré de la lutte. Le rappeur Oldpee du groupe 13Block, a pu en faire l’expérience. « En vrai, on fait le même poids, mais la manière dont il a placé son corps… Je ne pouvais plus m’en défaire ! »

« Chopper de la force et partager »

L’entraînement se conclut sur un sparing de trois minutes. Meissa, 11 ans et fan de la première heure, a pu le défier dans l’octogone, elle s’est défendu sans relâche et s’en est tirée. « Il n’est pas méchant comme dans ses combats », observe-t-elle.

Récemment décorer par sa ville, le surdoué du MMA vient « chopper de la force et partager ». À trois semaines de l’échéance, la pression monte. Son adversaire, Adrian Bartosinski, risque le jour du combat d’avoir une dizaine de kilos à son avantage. Malgré les appréhensions de son entourage, il se dit « prêt ».  

« Tout se joue dans le regard », affirme-t-il. La rencontre se conclut par une séance photo et de dédicace. Des posters signés sont offerts. Atch’ son coach protecteur, prend un dernier pari : « Vous verrez, ce poster vaudra de l’or ! » Le compte à rebours est lancé.

Nadhuir Mohamady 

Articles liés

  • À l’Athletic Club de Bobigny, le rugby s’écrit au féminin

    Alors que la Coupe du monde masculine de rugby bat son plein en France, la passion pour l’ovalie se propage aussi sur les terrains de Bobigny (Seine-Saint-Denis) et surtout du côté des filles. Depuis sa création en 2003, la section féminine de l’AC Bobigny forme de nombreuses joueuses, dont certaines évoluent déjà en équipe de France. Reportage

    Par Emeline Odi, Diakoumba Diaby
    Le 20/10/2023
  • Take your shot : dépasser les frontières du sport

    La 8ᵉ édition de l'événement Take Your Shot initié par l’ex-internationale de basket-ball, Diandra Tchatchouang a réuni plus de 230 jeunes filles. Cette journée dédiée à la découverte du basketball pour ces adolescentes issues des quartiers populaires a rencontré un franc succès.

    Par Inès Boudabbous
    Le 16/10/2023
  • Dans le foot, « les filles sont la dernière roue du carrosse »

    La Coupe du monde de football féminin démarre ce jeudi 20 juillet. En France, le foot féminin est bien plus ancré sur le terrain qu'il n'y paraît. Mais la bonne volonté des clubs se heurte cependant à un manque de moyens, en dépit des effets d'annonce.

    Par Meline Escrihuela
    Le 20/07/2023