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Mardi soir, 16e de finale. Accompagné de mon frère Samba qui aime le tennis puisqu’il a eu la chance de le pratiquer, direction Bercy. Nous nous y rendons tous les deux pour la première fois et notre curiosité est grande. Arrivés à Bercy, il faut s’armer de patience pour retirer ses places auprès des hôtesses. Sans exagérer,  elles se ressemblent toutes. Une fois installés, nos préjugés sur le tennis « sport de riches », se confirment. L’imposante salle du Palais Omnisports de Bercy est composée de familles. Mais surtout de cadres ou de chefs d’entreprise, parés de leur plus beau costume.

Avec mon frère, nous prenons place au moment où Jo-Wilfrid Tsonga vient de valider sans souci sa qualification pour les quarts de finale, en nous gratifiant de sa danse spéciale après chaque victoire. Les joueurs français aiment revenir sur leur terre et rendre fier le public venu en masse les supporter. Richard Gasquet alias « Cœur de Lion » fait son entrée sur le court. Le jeune prodige se retrouve face au jeune Sud Africain, Kevin Anderson.

Ce qui saute au yeux pour nous deux, néophytes du tennis en live d’ordinaire devant le petit écran pour suivre le tennis : la vitesse de la balle. Le revers lifté de Richard Gasquet est toujours aussi précis, malgré son retour de blessure. Sur son visage, on lit parfois une pointe d’agacement. Pas au top de sa forme physique, Gasquet perd beaucoup de points. Son jeu manque de fraîcheur. Pourtant, des éclairs de génie souvent venus du revers d’une main retrouvée illuminent le court et les yeux des spectateurs. Reste que le sud-africain est bon au service. Gasquet n’est pas lâché par son public. Surtout les jeunes qui lui témoignent des encouragements durant les arrêts de jeu : « Allez Richard ! Allez Cœur de Lion ! ». Le sport, ça fait rêver. Le temps d’un match, on oublie nos soucis. On ne pense à rien d’autre qu’au tennis de haut niveau livré par deux hommes.

Public connaisseur, les spectateurs Parisiens aiment les beaux points. Dans les gradins, l’ambiance rythmée par les « Hoooo ! » après un mauvais coup et les « Super, bien joué ! » met du baume au cœur. Public discipliné aussi. Le silence est d’or lorsque les joueurs s’apprêtent à servir. Dans mon entourage, beaucoup de jeunes, et moins jeunes d’ailleurs, n’ont jamais joué au tennis de leur vie. Bien que sportifs pour la plupart. Qui sait, un tennis français au sommet de sa gloire doit peut-être passer par la démocratisation de la raquette. À Bondy par exemple, une licence au club de tennis équivaut au triple d’une licence de football. Sans compter la raquette, plus de 300 euros…

Quoi qu’il en  soit, mon frère et moi rentrons contents d’avoir pu observer des champions de plus près. Le tennis de haut niveau est très impressionnant. La victoire française tant espérée par le public n’a pas eu lieu. Le maître Federer a une nouvelle fois imposé son talent tennistique. Du grand art.

Amine Benmouhoub

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