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À quelques jours de sa rentrée, Maxime s’apprête à quitter la Martinique pour Poitiers. Le jeune bachelier y commencera une licence de Sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps), tout en rejoignant un club de football. Un départ motivé autant par ses études que par son rêve de devenir footballeur professionnel.

« J’avais l’opportunité d’aller soit en Guadeloupe, soit de rester en Martinique pour faire kinésithérapie. Mais j’ai comme rêve de devenir footballeur professionnel et, en Martinique, c’est très compliqué de se faire repérer dans le milieu du football », explique Maxime.

Comme Maxime, de nombreux jeunes originaires des Outre-mer sont confrontés à une offre de formations plus restreinte que dans l’Hexagone. Pour certaines filières, le départ vers l’Hexagone devient alors nécessaire.

L’université des Antilles propose ainsi un parcours d’accès spécifique santé (PASS), mais les étudiants admis en odontologie ou en pharmacie doivent poursuivre leur cursus dans des universités partenaires dans l’Hexagone. L’offre de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) est elle aussi plus restreinte dans les territoires ultramarins.

Le manque de choix peut aussi pousser au départ dans le cadre d’une reconversion professionnelle. Jessica, 26 ans, a quitté La Réunion il y a un an avec sa fille pour suivre une formation dans le massage et le bien-être, après avoir travaillé dans la vente.

« Je savais que j’avais beaucoup plus de portes ouvertes en France que là-bas. J’ai beaucoup réfléchi et, au fil du temps, c’est devenu une évidence. J’ai alors fait mes papiers, j’ai trouvé ma maison, j’ai trouvé l’école pour ma fille. En deux semaines, j’ai pris mon billet et je suis partie. »

Garder le lien malgré la distance

Partir étudier dans l’Hexagone signifie aussi s’éloigner de sa famille et de ses amis, parfois pour plusieurs années. Une distance à laquelle Maxime se prépare déjà. « Je pense que je vais beaucoup téléphoner à ma maman. Sur une semaine, je pense au moins cinq jours ! », sourit-il.

Les appels et les réseaux sociaux permettent de maintenir le contact avec les proches restés sur place. Mais à plusieurs milliers de kilomètres et avec plusieurs heures de décalage horaire, les échanges peuvent aussi devenir plus difficiles à organiser.

Pour rompre l’isolement et faciliter leur installation, des solidarités se créent aussi entre personnes originaires des Outre-mer. Sur Facebook, plusieurs groupes d’entraide permettent d’échanger des informations, des conseils ou des bons plans. Dans certains établissements, des associations étudiantes se sont également constituées, comme Sorb’Outremer à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ou Sciences Ô à Sciences Po.

Lire aussi. Noël en famille : les jeunes ultra-marins face au prix exorbitant des billets

À ces réseaux informels et associatifs s’ajoutent des dispositifs publics destinés à faciliter la mobilité. L’Agence de l’Outre-mer pour la mobilité (LADOM) propose notamment le Passeport pour la mobilité des études, qui permet, sous conditions, la prise en charge intégrale d’un billet d’avion aller-retour par année universitaire. En 2025, 10 546 étudiants en ont bénéficié.

S’adapter à un nouveau quotidien

À l’éloignement des proches s’ajoute la découverte d’un nouvel environnement. Pour les jeunes qui quittent les Outre-mer au moment de leurs études, l’entrée dans l’enseignement supérieur s’accompagne aussi d’un changement de territoire, de climat, de modes de transport ou encore d’habitudes de consommation.

Installée dans l’Hexagone depuis un an, Jessica a été frappée par les différences de prix avec La Réunion. Malgré des revenus aujourd’hui moins importants, elle estime avoir gagné en pouvoir d’achat.

« Quand je suis arrivée ici, j’ai pu être plus libre pour les dépenses. J’ai pourtant moins d’argent ici qu’à La Réunion, mais j’ai l’impression de réfléchir beaucoup moins aux dépenses que là-bas. Ici, les compotes sont à grand maximum cinq euros, alors que là-bas je pouvais en avoir pour 8 ou 10 euros ! »

Une impression qui s’inscrit dans un contexte de vie chère dans les territoires ultramarins. En 2022, les prix y étaient en moyenne 9 % plus élevés que dans l’Hexagone. Pour les produits alimentaires, l’écart atteignait 37 %, selon l’Insee.

Pour Maxime, qui n’était venu que deux fois dans l’Hexagone pour les vacances, ce changement de quotidien est encore à découvrir. À l’approche de son départ pour Poitiers, le jeune Martiniquais oscille entre appréhension et curiosité.

« Pour moi, la France, c’est très grand et j’appréhende un peu. J’ai hâte de voir comment ça se passe. On m’a dit qu’en France il y avait beaucoup de moyens de transport. J’ai envie de découvrir ce que la France me réserve. Je ne vois pas ça comme une source de stress, je suis plutôt excité comme un enfant devant un dessin animé ! »

Iris Pastel

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