C’est avec entrain que je me rends à la salle des congrès de Nanterre. L’ambiance de cérémonie, le discours solennel du maire Patrick Jarry et ceux de Fatiha et Soumaya, présidente et vice-présidente de l’association, laissent place à un film retraçant l’histoire de Zy’va. Puis la soirée s’est terminée sur une touche comique avec Imène, une jeune humoriste et Charlie, connu pour faire partie de la troupe du Jamel Comedy Club.
L’association a su durant ses 20 années d’existence se renouveler et innover. À travers le film on a pu voir des jeunes s’amuser lors d’un projet humanitaire à Cuba, où ils avaient comme défi de repeindre une école. Aussi, j’ai pu sourire en regardant un enfant raconter, fier de lui, avoir écrit deux contes et les avoir illustrés à travers le projet « creacité ». Mais ce n’est pas tout, deux jeunes Mourad et Ouali sont les comiques du quartier et font des sketchs au sein de l’association. Je me ren11024688_10153040041818190_309251989933423833_nds donc compte qu’un regroupement de quelques amis qui avait un objectif éducatif devient aussi culturel, social, économique, créant des emplois (jusqu’à 18 salariés). Cette association a été le moteur de vocations : créer du lien social par l’humour pour Mourad et Ouali, aider les jeunes à l’insertion pour la vice-présidente de l’association Somaya. Fatiha, la présidente de l’association, est enseignante et dit se sentir « plus citoyenne » par son implication dans sa vie de famille, auprès de ses élèves et avec les jeunes de Zy’va.
Tous les jeunes rencontrés se sentaient redevables. Ils estimaient qu’ils devaient apporter aux nouvelles générations la même chance qu’ils ont eu. Somaya a évoqué avec une pointe de nostalgie « j’ai eu la chance d’aller dans des musées, de voir des expositions, de faire de l’équitation, du golf, de l’escalade. » Avant de terminer son discours sur une citation d’Oscar Wilde, la voix tremblante et pleine d’émotion : « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit toujours sur les étoiles. Et c’est ce qu’on fait à Zy’va ! ».
Il faut avouer que l’association Zy’va n’a pas toujours été certaine de sa pérennité. Un des six fondateurs de l’association, Mamadou, expliquait que le soutien des habitants a été d’une grande aide lorsque l’association connaissait des difficultés. « Il y a une entraide, les habitants soutiennent Zy’va. Par exemple, le film a été réalisé bénévolement par Mohamed Mekdoul. Hier à minuit, une jeune m’a appelé pour me demander si j’avais besoin d’aide dans l’organisation de la journée. C’est grâce à ces personnes qui sont nombreuses sur le Petit-Nanterre que malgré les barrières, les difficultés financières rencontrées dans le monde associatif que Zy’va est toujours là ».
Enfin, Zy’va toujours fidèle à elle-même, propose à la fin de la soirée anniversaire une jeune Imène très drôle, mais qui a le trac des premières scènes. L’association aime montrer de nouveaux talents, une jeune chanteuse charme le public juste après l’apparition de Charlie Nebo. Montrer la réussite, soutenir dans l’envie d’y arriver, découvrir les nouveaux talents c’est l’esprit Zy’va. Mamadou sait que les années à venir vont être difficiles au niveau budgétaire, mais il a confiance dans la relève.
Sonia Bektou

Articles liés

  • 2 ans après la mort de Sabri, la famille demande toujours justice

    Samedi 21 mai 2022, à Argenteuil, une marche blanche a été organisée par la famille de Sabri Choubi. Mort, il y a deux ans, dans un accident de moto, les proches demandent des réponses dans cette affaire qui impliquerait un véhicule de la BAC. Reportage.

    Par Audrey Pronesti
    Le 23/05/2022
  • À Paris, la Modest Fashion fait le show et s’engage

    Pour la première fois en France, un événement dédié à la mode pudique a vu le jour. Organisé par l’agence et média Modest Fashion France, l’événement « Modest Fashion Summer Session » s’est déroulé du 7 au 8 mai 2022. Étoffes chatoyantes, clientes enjouées, talks à thèmes et défilés étaient au rendez-vous. Retour sur un événement aussi stylé que politique.

    Par Sylsphée Bertili
    Le 16/05/2022
  • Aux Pavillons-sous-bois, des mois sans anglais ni histoire pour des troisièmes

    Au collège Anatole France, aux Pavillons-sous-Bois, pendant des mois certains élèves de troisième n'ont pas eu de professeur d'histoire-géographie, ni d'anglais. Alors même qu'ils et elles préparent le brevet. Une situation chaotique que beaucoup d'établissements dans le département de Seine-Saint-Denis ne connaissent que trop bien. Reportage.

    Par Hadrien Akanati-Urbanet
    Le 11/05/2022