Je l’ai lu dans le journal ce vendredi matin. D’après un sondage, 64% des Français, n’aimeraient pas toucher à la loi sur le rôle positif de la colonisation. J’ai appelé Mohammed Hamidi, un professeur en gestion informatique que mon collègue Serge avait rencontré tantôt. On se retrouve pour une bière au café du moulin vers la gare de Bondy pour discuter de la question.

J’aime bien Mohammed, c’est le genre de personne à qui l’on fait tout de suite confiance. Né en France, parfaitement intégré, le cœur sur la main, il est un peu le prototype des beurs qui redonnent foi dans le modèle hexagonal. Parce qu’il est déçu des partis politiques, il anime plusieurs associations pour venir en aide aux jeunes. « Ma manière d’être citoyen ».

Sur le débat de la colonisation qui déchire la France, Mohammed n’a pas de mots assez durs. « C’est comme s’il l’on demandait de trouver des côtés positifs au nazisme. Du genre, `quand même Hitler a fait baisser le chômage et a construit des autoroutes…´ Non, mais c’est dingue! »

Ce qui me frappe, c’est que Mohammed vole au secours de la France quand j’évoque ces travailleurs sociaux suisses qui me disaient dernièrement que depuis les émeutes « la France a perdu toute crédibilité en matière d’intégration. » Il me répond du tac au tac: « Il y a un effet de masse, car l’objectif est très ambitieux. La France a intégré tellement d’étrangers qu’il est normal qu’il y ait un peu de casse. » Hypothèse intéressante, à creuser. Mais alors pourquoi les autres pays européens ne connaissent pas d’explosions comparables?

Par Pierre Nebel

Pierre Nebel

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