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Les attentats ont eu un impact dans le second lieu le plus visité de la capitale.

L’ambiance est morose sur la fameuse place du Tertre. Les portraitistes sont à court de touristes. La violence du 13 novembre a été bien différente ici, mais elle a été perçue de façon immédiate et durable pour tous les commerçants du quartier. Dans une boutique de souvenirs, on se souvient de l’ampleur des conséquences de l’attentat, dès le lendemain, le chiffre d’affaires a chuté de 50%. Sur la place du Tertre, le même discours est tenu par les nombreux serveurs. La fréquentation de la clientèle a diminué de moitié dès novembre et la baisse a continué. Le lexique est apocalyptique : « terrible, horrible, cauchemardesque ».

Les expressions sont résignées quand on aborde le sujet. « Il y avait  sur la place plus de CRS et de militaires que de touristes », confie un portraitiste qui souhaite rester anonyme. La Rue Norvin qui mène à la place du Tertre est aussi touchée. Un patron de café proche explique que jusqu’au 15 décembre son chiffre d’affaires a baissé de 50%. Il est, depuis Noël, à moins 30%. Le responsable de la belle boutique de tableaux en face de lui tient le même discours. « En janvier et en février, mes ventes ont baissé de 25%, comparé à l’année dernière. Tant que l’état d’urgence se prolongera, les touristes ne reviendront pas. On ne s’y attendait pas à ce point-là et le loyer et les charges restent les mêmes ».

Après le paragraphe 2

Certains sont déjà revenus. John, qui vient des USA avec sa famille, explique qu’il avait dû passer ses vacances en France à Noël, mais que son entreprise a refusé qu’il parte à Paris pour des questions d’assurance. Il a dû repousser de deux mois son voyage. Il se sent en sécurité avec les militaires. Originaires d’Afrique du Sud, Sarah et son amoureux sont rassurés de voir la police et les militaires et comprennent cette situation. L’Office du tourisme de Montmartre confirme bien qu’en novembre et en décembre il y a eu des annulations massives dans les groupes hôteliers. Les Asiatiques sont beaucoup moins présents qu’avant. Annuellement, 10 à 12 millions de visiteurs sont attendus sur la Butte, on essaye donc de temporiser. Les touristes devraient revenir pour le printemps et l’été, s’il n’y a pas un nouvel attentat évidemment.

Après le paragraphe 3

Heureusement, tout n’est pas aussi terne pour Jean. Ce portraitiste est là depuis 1973 et il en a vu d’autres. C’est autour d’une menthe à l’eau qu’il évoque son parcours et fustige la politique actuelle. Il fait partie des artistes debout qui n’ont pas l’autorisation de dessiner sur la place contrairement à ceux qui sont assis. Avec son léger accent belge et sa bonne humeur naturelle, il annonce sa vision des choses : « Pour moi l’arme de destruction massive, c’est celle de la caricature et de l’humour ».  Il a donc caricaturé gratuitement militaires, policiers et CRS. C’est sa façon à lui de les soutenir et de résister à l’humeur ambiante. Il aime voir le rire et l’émotion sur le visage de ces hommes qui meurent parfois d’ennui. Pour lui, l’important c’est avant tout l’humour. Et c’est cela l’esprit de Montmartre.

Texte : Lloyd Chéry / Photos : Angélique de Place

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