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Chaque année, c’est la même chose. On prépare tout à la dernière minute et on essaye d’être à table tous ensemble à 21 heures tapantes. Mais cela n’arrive jamais. Chez moi, le repas de Noël est le même tous les ans : rosbif, rôti de veau, pommes de terre sautées et haricots verts pour la touche de couleurs. Le tout servi avec sauce trois poivres et sauce à l’échalote en accompagnement. Je me régale d’avance. Mais je me pose une question : pourquoi ne fait-on ce repas qu’à Noël ou à la Saint-Sylvestre ? N’y a-t-il que ma famille à faire comme cela ? Allons voir ce que mangent les autres ces soirs-là de l’année.

Voici ce qui ressort le plus de ma petite enquête de proximité : foie gras, coquilles St-Jacques et huitres feront partie des entrées. Sinon : gambas, saumon fumé ou des verrines de crevettes et avocats. Bref, du classique. Mais en grattant un peu, j’ai découvert une grande diversité de menus. Et de boissons !

Pour la communauté musulmane, même si Noël n’est pas une des fêtes du calendrier de l’Hégire – qui vient d’ailleurs d’entrée dans l’année 1431 –, c’est l’occasion de faire un grand repas en famille, avec beaucoup de bonne humeur et de convivialité. Le hit du menu aussi bien chez mes voisins mauriciens qu’algériens, c’est le gigot d’agneau avec sa sauce et ses pommes noisette. On y trouve également beaucoup de toasts au saumon fumé avec de l’huile d’olive et de la ciboulette ou encore des Tuc au Boursin ail et fines herbes.

Un vrai petit délice avec en prime un bon verre de champagne, oups ! De Champomy, pardon, l’alternative à l’alcool. Disons simplement que l’aspect extérieur de la bouteille est un signe de richesse intérieur, comme dirait la pub d’un constructeur automobile. On croit boire une boisson de fête mais ce n’est que du jus pétillant à l’intérieur. En tout cas, moi, je l’adore !

Chez ma voisine antillaise, le boudin fait parti du menu ainsi que les langoustes et la traditionnelle bûche de Noël. Chez elle, la boisson c’est du vrai champagne et… du rhum. Chez une autre voisine française non musulmane, c’est huîtres, saumon, fois gras poêlé et tiramisu en dessert. Le tout accompagné de vin.

Je suis allée faire un tour chez les Africains. Le menu est assez original : pastels en entrée (demi-cercle de pâte brisée garni de viande épicé, de poisson…), yassa en plat (riz sauce oignon avec du poulet) et en dessert, sombi, un met composé de concassé de mil ou de maïs ou encore du riz rouge local, de lait caillé et de sucre. Ce dessert est en général servi à la mariée lors des cérémonies de mariage. En apéro : du bissap, une boisson à base de fleurs d’hibiscus. En Egypte, elle porte le nom de Carcadé.

Bizarrement, je n’ai trouvé aucune famille se préparant à manger la fameuse dinde de Noël. A une époque, dans ma famille, elle était le plat central du menu de Noël, me raconte ma mère. Je n’étais sûrement pas encore née…

Pour les chrétiens comme pour les non chrétiens, Noël est donc ce moment de rassemblement familial. C’est aussi, le moyen de faire croire aux tout petits que Papa Noël existe. Nous les gâtons sans céder à tous leurs caprices, car autrement, on se ruinerait ! C’est enfin l’occasion de mitonner des plats qui sortent du quotidien. Même si un ami haïtien m’a confié que son repas serait un poulet et du riz. Il ajoutera sûrement une sauce à la truffe pour la touche festive ! Bon appétit et bonnes fêtes !

Inès El laboudy

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