Bon, c’est parti, mais là, on ne sait pas trop vers où ça va. Serge Moati, le journaliste de France 5, est sur la scène du Centre Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin et AC-Le Feu est dans la salle. Christine Boutin, la ministre du logement, a déjà prononcé son discours. Elle a été polie : par deux fois elle a remercié Fadela Amara.

Elle a aussi été concrète, en proposant de « verser globalement les subventions (destinées aux associations) aux communes, laissant aux maires le soin de décider de leur affectation. » A part ça, pas grand-chose. Elle ne va quand même pas voler la vedette à Fadela, qui a trouvé un nom pour sa journée vaudaise : « Espoir banlieues, une dynamique pour la France ».

A l’extérieur, ça pousse. Des gens veulent entrer dans le centre, mais c’est blindé. Moati annonce « 1000 personnes dans la salle ». Un petit groupe d’AC-Le-Feu, emmené par Mohamed Mechmache et le rappeur Axiome, est allé au contact avec le service d’ordre pour pouvoir franchir le premier barrage. En pleine poussette, Mechmache, avec la verve d’un Besancenot, délivre son message : « Qu’on s’attaque à 50 quartiers (proposition de Fadela Amara), ça ne réglera pas le problème des DOM-TOM. » Le plan banlieues, c’est pas son truc. De toute façon, il n’aime pas celle qui le porte, Fadela Amara. Entre eux, ça colle pas. Mechmache appelle à un « Grenelle » des quartiers, avec tous les ministères concernés, « pas seulement pour les jeunes, pour les vieux aussi et le monde rural également ».

La bousculade se poursuit. Mohamed Abdi, le conseiller de la secrétaire d’Etat à la ville, intervient. « Vous allez pouvoir rentrer », dit-il, énervé, aux gars d’AC-Le-Feu. Ça y est enfin. La petite escouade rentre dans la salle. Moati, lui, parle comme sur son plateau de « Ripostes » : il fait le show. Bientôt rejoint par un autre showman, Roland Castro, architecte militant, comme il y a des assureurs militants.

Attrapé avant de monter sur l’estrade, Moati explique pourquoi il a accepté de jouer le Monsieur Loyal de la journée : « J’ai vécu dans une cité, à Bagneux, à mon arrivée en France, venant de Tunisie après la mort de mes parents. J’en ai un souvenir ému. Et je pense à tous ceux qui habitent dans les quartiers aujourd’hui. La République doit être sociale. Si elle n’est pas sociale, ce n’est plus la République. » A plus.

Antoine Menusier

Antoine Menusier

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