Hier, grosse actualité pour la vie bondynoise: la première rame du tram-train qui reliera Bondy à Aulnay est inaugurée. Fête à la gare, avec deux ambulances et plus de policiers que de citoyens. Peut-être un Bondynois a-t-il menacé de voler la rame?

Pour ceux qui n’habitent pas la région mais nous lisent quand même, je rappelle les faits.

Bondy est une ville de banlieue. Aulnay aussi. Naguère (on vous parle là de 1875), un train vagabondait entre les deux communes. Cette ligne, dite des Coquetiers, a vu passer, sur ses quelque 8 km, d’innombrables passagers durant plus d’un siècle avant d’être abandonnée. Il a été décidé de la réhabiliter en ligne de tram-train, un concept que je croyais propre à Bondy mais qu’apparemment l’Allemagne et la Suisse connaissent déjà, une sorte donc de machine hybride qui vous passe sans problème des rails SNCF aux rails pour trams; un engin, dit la pub, idéal pour les « environnements périurbains ». Ce qui laisse supposer que Bondy et Aulnay sont un environnement périurbain.

Tout cela semble un peu dérisoire à l’observateur extérieur, mais pour Bondy, ce n’est pas rien. D’abord parce que depuis la banlieue, c’est souvent très facile et très rapide de relier Paris. Mais passer d’une commune à une autre, c’est l’enfer. Les banlieusards obligés de le faire parce qu’ils vivent dans une ville et travaillent dans une autre doivent souvent transiter par la capitale, ce qui implique d’innombrables changements de RER et métros, et souvent triple ou quadruple le nombre de kilomètres parcourus et le temps passé dans les transports. D’autres, comme Gabrielle, ne peuvent tout simplement pas faire les trajets en transports publics: il n’y en a pas. Elle fait donc les 12 km qui la séparent de son travail en voiture: 10 minutes en théorie, 60 en pratique, à cause des bouchons créés par les employés qui font comme elle. Un tram-train qui relie une ville de banlieue à une autre sans passer par Paris, c’est donc une chose importante.

Et puis ça crée des emplois, ce qui n’est jamais négligeable ici. Je suis passée l’autre jour à l’ANPE. Bondy, c’est 45% d’entreprises qui n’ont pas d’employé, et 45% qui ont de 1 à 9 employés.

Par Sonia Arnal

Sonia Arnal

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