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« Style Esclave ». C’est le nom de l’éphémère collection de bijoux de la marque Mango, mise en vente en ligne depuis quelques jours. Même si la communication de la marque a invoqué l’erreur, le scandale a vite fat le tour du web.

Depuis mardi matin, la mode défraye la chronique. Non pas pour une fashion week européenne mais parce qu’une célèbre marque espagnole de prêt-à-porter à oser sortir une nouvelle collection de bijoux sur internet au nom pas très mode : « Style Esclave ». Faut croire que les bracelets et colliers s’apparentant au temps de l’esclavage ont inspiré la marque Mango. Actuellement, les noms ont été changés sur le site. Le « collier à chaînon style esclave avec plaque identité et fermeture mousqueton » est devenu « collier à chaînon avec plaque identité et fermeture mousqueton ». La mention choquante et provocante pour bon nombre d’internautes a été effacée. La marque se défend disant « qu’il s’agit d’une erreur de traduction de la part du webmaster » pourtant quand on regarde la version espagnole, il y est traduit « esclavo » qui signifie « gourmette », mais aussi esclave. mango style esclave

De ce fait, Mango a été la cible des internautes durant tout le week-end, notamment sur Twitter, tant ils étaient indignés et la page Facebook de la marque a été prise d’assaut par de nombreuses remarques pleines de nerfs et boutades qui y ont été publiées : « Une ligne de bijoux style « esclave » ? Comment est-il possible d’avoir si peu de respect envers un peuple et son histoire ? Un collier style esclavage, le symbole d’une souffrance et de millions de morts et d’opprimés. Sous prétexte que tout est bon pour vendre, vous vous permettez d’utiliser les codes douloureux d’un lourd passé, que dis-je d’une communauté internationale et pourquoi au juste ? Pour vendre un vulgaire collier et autres quincailleries. Mais avez-vous donc perdu la tête ? Qui a eu une idée si stupide de croire que le mot « esclave » était vendeur et que d’y faire référence ne provoquerait aucune réaction ? Vous ne méritez que le boycott et le mépris… »

Dans mon entourage, cela choque. Mes amis m’expliquent : « Je ne comprends pas ce qu’il y a de fashion dans l’esclavage.  Cela a choqué ma femme qui est une bonne cliente de la marque ainsi que toutes ses amies. Elles ont décidé de boycotter leurs produits comme le mouvement de révolte le demande sur internet, bien qu’elles les aiment beaucoup. -Il est inacceptable qu’une telle marque de renommée mondiale se permette de telles erreurs. – Je suis outrée par ce nom là ! Esclave. Nos ancêtres n’ont-ils pas assez souffert ? C’est une honte de banaliser un tel drame. – Etant africaine, j’ai énormément apprécié la réponse de Kemi Seba. Il a été net et précis ».

En effet, le polémiste panafricain, dirigeant d’Afro Insolent Radio a répondu à cette attaque via sa page Facebook : « De nombreux frères et sœurs ont cru bon de m’alerter sur la polémique naissante liée à la sortie du bijou (si l’on peut l’appeler ainsi, tant il est ridicule) estampillé collier style esclave de Mango. Face à cette création, certains y ont vu une défiance, une provocation raciale visant une nouvelle fois à humilier les afro-descendants. Pour ma part, ma réflexion est ailleurs… Esclave n’est pas mon prénom, ni celui de mes semblables, et dans ce cadre, autant je le trouve de mauvais goût pour la dignité humaine, autant je ne me sens pas particulièrement visé en tant qu’Homme noir, défendant le droit des miens ».

Une pétition en ligne a été lancée ce matin sur le site Change.org. Elle a été l’initiative de l’ancienne miss France Sonia Rolland, l’actrice Aissa Maiga ainsi que de la chroniqueuse Rokhaya Diallo. « Ces bijoux formés de chaînes sont censés faire de l’esclavage un objet de fantaisie et de mode », s’indignent-elles dans cette pétition adressée au service de communication et relations clientèle de chez Mango. « En réduisant ce crime contre l’humanité à un ornement décoratif, Mango manque gravement à l’éthique qu’une telle marque devrait défendre», ajoutent-elles. Plus de 4 000 signatures d’internautes ont été recueillies et peu de temps après l’envoi, les mentions « style esclave » ont été retirées du site officiel de la marque.  Cependant, certains adeptes de la toile ajoutent : « Retirées ? C’est trop tard ! L’erreur a déjà été faite, on ne peut revenir dessus et l’oublier ! »

Inès el Laboudy

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