Une lectrice du blog se réjouissait: Nous ne parlons pas de la banlieue à travers les jeunes qui volent des sacs à main. Mais voilà, c’est arrivé. Hier soir, vers neuf heures un gaillard, la vingtaine, sonne à la porte du local dans lequel je dors depuis jeudi. Il veut savoir si aucun membre du club n’est là. Je lui dis que non. Une demi-heure plus tard, il revient. Sonne. J’ouvre à nouveau. Mais cette fois-ci il est accompagné. Un autre, masqué, surgit de derrière le mur. Je tente violemment de refermer la porte mais ils la bloquent, tendent un bras et giclent du gaz lacrymogène dans toute la chambre. Ils poussent la porte, je la retiens en appelant à l’aide. Je frappe de toutes mes forces avec l’épaule. Effrayés par les cris ou blessés par la porte, ils partent après une minute de lutte qui m’a paru une heure.

Que voulaient-ils? L’ordinateur ou le départ de L’Hebdo?

Toujours est-il que j’ai immédiatement téléphoné à notre ami Mohamed qui a rameuté ses contacts dans le quartier. La justice, ils la feront eux-mêmes car ils n’ont pas confiance en la police: « Si on l’appelle, elle va arrêter tout ce que le quartier compte de jeunes noirs. » Nous avons aéré le local pendant près d’une heure, mais rien n’y fait. Le gaz est toujours là, agressif. Comme mon épaule douloureuse, mon dos tordu et la peur qui désormais ne me quittera pas.

Par Paul Ackermann

Paul Ackermann

Articles liés

  • Au Parc des Princes, mouiller le maillot pour lutter contre les violences intrafamiliales

    Pour la journée des droits de l’enfant, 250 jeunes pris en charge par l'ASE ont foulé la pelouse du Parc des Princes. Au menu de la 2nd édition du Tournoi de l’Enfance : du foot, de la musique et des invités de marque. L'objectif était de sensibiliser à la cause des violences intrafamiliales et de rendre heureux les enfants concernés. Reportage. 

    Par Ayoub Simour
    Le 24/11/2022
  • 7 ans après la mort de Othmane, la famille va manifester devant le siège d’Otis

    Une nouvelle fois, l’ascensoriste se pourvoit en cassation. Depuis la mort de Othmane, sa famille se retrouve dans une bataille judiciaire sans fin. Bloqué dans un ascenseur, l’enfant de 7 ans est mort asphyxié. Sa famille poursuit le bailleur et la société Otis en justice. Mais l’ascensoriste rejette toute responsabilité et pointe « l’imprudence des parents ». Une manifestation se tiendra, le 24 novembre, devant le siège d’Otis.

    Par Céline Beaury
    Le 23/11/2022
  • À Bobigny, la justice des mineurs dans « une situation intenable »

    Le tribunal pour enfants de Bobigny tire la sonnette d’alarme. Les greffières se retrouvent régulièrement en sous-effectif, une situation qui entraîne l’annulation d’audiences pour un public pourtant très vulnérable. Le 22 novembre, les syndicats dénonçaient « une justice toujours plus dégradée au tribunal de Bobigny ».

    Par Marie Koyouo, Héléna Berkaoui
    Le 23/11/2022