Une lectrice du blog se réjouissait: Nous ne parlons pas de la banlieue à travers les jeunes qui volent des sacs à main. Mais voilà, c’est arrivé. Hier soir, vers neuf heures un gaillard, la vingtaine, sonne à la porte du local dans lequel je dors depuis jeudi. Il veut savoir si aucun membre du club n’est là. Je lui dis que non. Une demi-heure plus tard, il revient. Sonne. J’ouvre à nouveau. Mais cette fois-ci il est accompagné. Un autre, masqué, surgit de derrière le mur. Je tente violemment de refermer la porte mais ils la bloquent, tendent un bras et giclent du gaz lacrymogène dans toute la chambre. Ils poussent la porte, je la retiens en appelant à l’aide. Je frappe de toutes mes forces avec l’épaule. Effrayés par les cris ou blessés par la porte, ils partent après une minute de lutte qui m’a paru une heure.

Que voulaient-ils? L’ordinateur ou le départ de L’Hebdo?

Toujours est-il que j’ai immédiatement téléphoné à notre ami Mohamed qui a rameuté ses contacts dans le quartier. La justice, ils la feront eux-mêmes car ils n’ont pas confiance en la police: « Si on l’appelle, elle va arrêter tout ce que le quartier compte de jeunes noirs. » Nous avons aéré le local pendant près d’une heure, mais rien n’y fait. Le gaz est toujours là, agressif. Comme mon épaule douloureuse, mon dos tordu et la peur qui désormais ne me quittera pas.

Par Paul Ackermann

Paul Ackermann

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